Un test inédit à l’échelle nationale : des résultats inattendus
Le 5 septembre 2025, près de 267 000 élèves de sixième issus de 6 000 collèges publics ont été soumis à une évaluation physique standardisée, selon les données publiées par le ministère de l’Éducation nationale. Pour la première fois, les capacités motrices, musculaires et cardio-respiratoires ont été mesurées de manière homogène, à l’aide de tests validés scientifiquement. Au cœur de cette évaluation figurait l’épreuve dite du « test navette », une méthode de référence permettant de mesurer l’endurance aérobie. Le principe : courir à vitesse croissante sur une distance de 20 mètres, en suivant des signaux sonores.
Selon le ministère, seulement 50 % des élèves de sixième ont tenu plus de cinq minutes, un seuil pourtant considéré comme minimal pour la tranche d’âge des 11-12 ans. Le chiffre le plus frappant reste celui relevé par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) : 18 % des collégiens testés ont abandonné avant la troisième minute de course, soit moins de 180 secondes d’effort soutenu. Un indicateur symptomatique d’une dégradation rapide de la condition physique générale chez les préadolescents.
Un déficit de condition physique aux causes multiples
Ce constat alarmant ne surprend pas totalement les professionnels de santé scolaire. Pour plusieurs spécialistes interrogés, la sédentarité croissante, accentuée par l’usage massif des écrans et le recul des pratiques sportives régulières, constitue l’un des facteurs majeurs de cette baisse de performance. Selon les chiffres du ministère, 29 % des élèves testés ne participent à aucune activité physique ou sportive en dehors du cadre scolaire, ce qui interroge sur l’efficacité des politiques de promotion du sport pour tous.
Ce désengagement s’est accentué depuis la pandémie de Covid-19, selon plusieurs enseignants d’EPS, qui évoquent une « déscolarisation physique » progressive de certains jeunes. De plus, « la part d’élèves avec une maîtrise satisfaisante s’établit à 39,1 % pour les élèves scolarisés dans les établissements les moins favorisés (groupe d’IPS 1) contre 52,3 % pour ceux scolarisés dans les établissements les plus favorisés (groupe d’IPS 5), soit un écart de 13,2 points », peut-on lire dans le communiqué.
L’éducation physique en question
Face à ces résultats, le ministère de l’Éducation nationale précise que l’objectif de l’évaluation est avant tout de fournir aux équipes pédagogiques un outil de repérage standardisé des aptitudes physiques des élèves. Elle doit permettre aux enseignants d’EPS d’identifier les besoins de chaque élève en endurance, en force et en vitesse, afin d’ajuster leurs pratiques pédagogiques en conséquence.
Au-delà des murs du collège, la question de la forme physique des jeunes rejoint les préoccupations de santé publique. Le lien entre activité physique régulière et réduction des risques cardio-métaboliques est largement documenté par les instances médicales. Or, selon l’Organisation mondiale de la santé, les adolescents doivent pratiquer au moins 60 minutes d’activité physique modérée à soutenue par jour.
