À 70 ans, elle vide son plan retraite pour bâtir un village de tiny houses réservé aux femmes seules : 450$ par mois

À 70 ans, une femme achète un terrain vierge et bâtit un village où onze retraitées vivent en tiny house, loyer bloqué à 450 dollars. Plus de 500 femmes attendent une place.

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À 70 ans, elle vide son plan retraite pour bâtir un village de tiny houses réservé aux femmes seules : 450$ par mois
Source : capture écran Youtube - Today | Social Mag

Robyn Yerian, 70 ans, a créé « The Bird’s Nest », un village de tiny houses réservé aux femmes seules, situé à Cumby, au Texas, à environ une heure de route de Dallas. Divorcée et mère de deux enfants, elle vivait déjà elle-même dans une tiny house de deux chambres, achetée 57 000 dollars, au sein d’une autre communauté d’habitat léger.

Le déclic est venu d’un calcul simple. En observant la flambée des prix immobiliers autour de Dallas, elle a compris que son épargne retraite ne suffirait probablement pas à la faire vivre. Plutôt que de se contenter de réduire ses dépenses, elle a décidé d’investir.

En 2022, elle a retiré une partie de son plan d’épargne, acheté 2 héctares de terrain à Cumby pour 35 000 dollars, puis y a déménagé sa propre maison.

Le terrain était vierge : ni électricité, ni eau courante. Il a fallu terrasser, créer une voirie, installer une fosse septique et tirer tous les réseaux avant de couler quatorze dalles de béton d’environ 3 mètres sur 9, ancrées au sol pour résister aux vents de prairie.

Facture totale, achat du terrain compris : environ 150 000 dollars. Pour éviter le flou réglementaire qui entoure les tiny houses aux États-Unis, le site a été enregistré comme parc pour camping-cars.

Un loyer à 450 dollars, jamais augmenté

Onze femmes âgées de 60 à 80 ans vivent sur le site, chacune dans sa propre tiny house. Robyn Yerian ne vend ni ne construit de logements : elle loue des emplacements viabilisés à 450 dollars par mois, eau, assainissement, ordures et entretien des espaces verts compris, l’électricité et le propane restant à la charge de chaque résidente.

Pour celles qui n’ont pas les moyens d’acheter leur propre maison, elle a acquis un modèle qu’elle loue clé en main, maison et emplacement compris, pour environ 700 dollars mensuels.

Elle s’est engagée à ne jamais augmenter ce tarif, dans une région où les loyers ont doublé en quelques années. « Arrêtez d’économiser un peu d’argent et investissez dans une communauté. Vous ne deviendrez pas riche, mais c’est un bon filet de sécurité et le sentiment d’appartenance à une communauté est primordial », a-t-elle expliqué.

La vie commune repose sur une seule règle non écrite : tout désaccord se règle en face, immédiatement, sans rumeurs ni clans. Les résidentes se retrouvent chaque matin autour du café dans leur préau qu’elles appellent leur cuisine, partagent un club de lecture, un potager, et se rassemblent chaque soir pour raconter leur journée.

Quand une voisine s’est fait poser une prothèse de genou, les autres se sont relayées pour l’accompagner chez le kinésithérapeute, préparer ses repas et faire ses courses. « On se conduit les unes les autres chez le médecin », a résumé Robyn Yerian dans un entretien à Realtor.com.

Sur les quatorze emplacements, une seule place restait disponible au moment des dernières interviews, alors que près de 500 femmes figurent sur liste d’attente. La sélection ne repose pas sur un dossier classique : chaque candidate doit se rendre sur place pour rencontrer Robyn Yerian et les résidentes actuelles, certaines prenant l’avion pour cet entretien. Le critère principal n’est pas financier, il s’agit surtout d’être autonome et capable de vivre en communauté rapprochée.

En France, une idée voisine existe depuis plus longtemps. La Maison des Babayagas, inaugurée en 2013 à Montreuil, repose sur une intuition similaire : vieillir entre femmes, en s’autogérant, plutôt que d’attendre l’établissement médicalisé. Le projet, porté par la militante féministe Thérèse Clerc, a nécessité quinze ans de bataille administrative.

Le bâtiment compte 25 logements, dont 21 réservés à des femmes de plus de 60 ans et quatre à des personnes de moins de 30 ans, pour maintenir un lien entre générations.

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