Arnaud Guenot avait laissé entendre, dans ses derniers mots avant de se suicider le 7 février 2025, dans la Nièvre, qu’ils auraient du sang sur les mains.
Éleveur de volailles, Arnaud Guenot avait démarré son activité dans l’élevage biologique, avec un parcours arboré pour ses bêtes. Une enquête diffusée dans l’émission « Planète C » sur 20 Minutes TV retrace comment il a fini contraint, par la firme qui l’intégrait, de basculer vers l’élevage intensif.
Le système décrit par l’enquête est celui de l’intégration : un industriel fournit les poussins, la nourriture et le suivi vétérinaire, mais fixe seul les tarifs et les conditions d’élevage. Dans le cas d’Arnaud Guenot, les poussins livrés étaient malades. L’enquête relève même la présence de limaille de fer et de boulons dans l’alimentation fournie par l’industriel.
Sa rémunération a fini divisée par deux. En cas de rupture de contrat, il s’exposait à de lourdes pénalités financières. Pris au piège des dettes, il a commis l’irréparable.
Son père, Alain Guenot, livre dans l’enquête un témoignage poignant sur ce drame.
L’enquête dénonce ce qu’elle appelle le cynisme économique de cette industrie, qui écoule des poulets bas de gamme vendus en grande surface et dans la restauration rapide. Elle intervient alors que le monde agricole traverse une période de crise, et pointe le contraste avec une loi d’urgence agricole dont l’article 17 simplifie l’installation de nouveaux poulaillers industriels.



