Duralex : trois offres de reprise examinées, décision en octobre

Les 243 salariés de Duralex attendent le 12 octobre la décision du tribunal de commerce d’Orléans sur les trois offres de reprise. Entre 80 et 120 emplois seront supprimés, quel que soit le candidat retenu. Après deux ans de gestion en SCOP et un cinquième redressement judiciaire en 20 ans, la mobilisation syndicale tente de limiter la casse sociale.

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Duralex : trois offres de reprise examinées, décision en octobre © Social Mag

En 27 ans chez Duralex, Pascal Colichet a traversé cinq redressements judiciaires. En 2024, l’espoir renaît avec la transformation en SCOP, mais deux ans plus tard, l’inquiétude domine à nouveau. Le 12 octobre, le tribunal de commerce d’Orléans doit trancher entre trois offres de reprise. Aucun projet ne garantit la préservation de tous les emplois, et entre 80 et 120 postes pourraient disparaître.

27 ans d’instabilité chez Duralex

Pascal Colichet, agent de maintenance depuis près de trois décennies, résume l’épuisement des équipes face aux crises à répétition : « Incompétence, malversation, promesses bidon, on a tout connu. » Depuis 2004, Duralex enchaîne les redressements sans retrouver la stabilité. Les 243 salariés actuels subissent cette incertitude qui altère le moral et la cohésion.

La reprise en SCOP en 2024 avait suscité l’espoir. Les salariés devenaient actionnaires, soutenus par les collectivités. Après une levée de fonds de 7 millions d’euros, l’entreprise est pourtant placée en redressement judiciaire dès juin 2026. Malgré les efforts de Peggy Sadier, directrice générale depuis avril, une enquête judiciaire sur la gestion antérieure assombrit la situation.

Quel avenir pour les emplois chez Duralex ?

Trois candidats se sont manifestés le 11 septembre. Cédric Meston, via sa holding Tomé, prévoit de conserver 155 postes. Le groupe Carlesimo maintiendrait 125 emplois. AA Investments, basé à Hong Kong, n’a pas précisé son projet social. Les deux offres sérieuses impliquent donc entre 88 et 118 suppressions de postes. Ces chiffres cachent des drames humains : familles sans revenu, salariés en fin de carrière privés de retraite, jeunes embauchés à nouveau sans emploi.

Cédric Meston et Jonathan Carlesimo, jeunes repreneurs, proposent des modernisations ou des complémentarités industrielles. AA Investments se concentre sur l’exploitation de la marque. Le tribunal de commerce d’Orléans, après avoir examiné les propositions le 17 septembre, doit permettre aux candidats de peaufiner leurs plans sociaux le 12 octobre.

Syndicats et négociations : la CGT et la CFDT face au tribunal

Suliman El Moussaoui de la CFDT exprime un espoir prudent après l’audience du 17 septembre : « Une issue favorable est possible, mais il faut améliorer les propositions pour limiter la casse sociale. » La CGT insiste sur le fait qu’aucune offre ne remplit totalement les attentes. Les syndicats demandent des garanties : formations et accompagnement pour les licenciés, maintien des savoir-faire critiques.

Les salariés redoutent que la perte de 80 à 120 postes ne fragilise l’usine de La Chapelle-Saint-Mesmin. La disparition des compétences et la difficulté à innover inquiètent. Ils exigent des engagements sur les investissements industriels et les perspectives commerciales. Le tribunal a fixé le rendez-vous au 12 octobre, laissant place à des négociations cruciales.

Deux ans de SCOP : bilan mitigé

La SCOP devait offrir une alternative au capitalisme traditionnel avec une gouvernance participative. Deux ans après, le redressement judiciaire relance le débat sur la viabilité du modèle coopératif dans l’industrie lourde. Une enquête sur la gestion antérieure, visant notamment François Marciano, soulève des questions sur la transparence. Les 7 millions d’euros levés auraient dû renforcer la trésorerie, mais leur utilisation reste floue. Certains salariés estiment que la SCOP a retardé les décisions difficiles et aggravé la situation financière.

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