Le tribunal des activités économiques de Paris a placé l’entreprise exploitant le BHV Marais et son magasin de Parly 2 en redressement judiciaire. Cette nouvelle étape, rapportée le 3 novembre par Le Monde, concerne environ 660 emplois. Elle ne signifie pas que les magasins ferment : la procédure vise d’abord à examiner les conditions de poursuite de l’activité.
Pour les équipes, la décision arrive après une longue succession de changements de stratégie et de propriétaires. Le BHV avait été repris en 2023 par la Société des grands magasins, fondée par Frédéric Merlin. L’arrivée de Shein dans l’établissement parisien en 2025 avait suscité une controverse, dans un contexte déjà marqué par des tensions avec les fournisseurs et des départs de marques.
Une procédure qui ne préjuge pas du sort des emplois
En juin 2026, une équipe de dirigeants conduite par Karl-Stéphane Cottendin a repris l’exploitation du BHV Marais et de Parly 2, avec l’ambition de recentrer le grand magasin sur la maison et le bricolage. Mais la relance s’est heurtée à des difficultés de trésorerie et à un différend avec le propriétaire immobilier Brookfield. Ces désaccords ne sont pas, à eux seuls, une explication exhaustive de la situation financière.
Les chiffres de ventes illustrent l’ampleur de la contraction : selon les informations publiées par Le Monde le 27 octobre, le chiffre d’affaires était passé de 274 millions d’euros en 2024 à 170 millions en 2025. Les 21 millions d’euros mentionnés pour janvier à août 2026 ne couvrent pas une année complète et ne doivent pas être comparés comme tels.
Le redressement judiciaire permet de placer les difficultés sous contrôle du tribunal, avec une période d’observation et la recherche d’une solution viable. Il ne garantit ni un repreneur ni la conservation de tous les postes. Les représentants des salariés espèrent que cette procédure permettra d’obtenir une vision plus claire de la gestion et des perspectives du magasin.
Le sort du BHV intéresse aussi les commerçants et fournisseurs qui travaillaient avec l’enseigne. Le maintien d’un grand magasin historique au cœur de Paris dépend autant de la confiance retrouvée des marques que de sa capacité à financer les stocks et l’exploitation quotidienne. Pour les salariés, les prochaines décisions judiciaires et commerciales seront plus déterminantes que les promesses de relance.