Depuis le 29 septembre 2026, utiliser son téléphone en conduisant entraîne automatiquement la suspension administrative du permis de conduire en France. Cette directive, signée par Laurent Nuñez et Marie-Pierre Vedrenne, oblige les préfets à appliquer cette sanction uniformément sur tout le territoire. La ministre déléguée à la Citoyenneté souligne un constat préoccupant : 3 515 décès sur les routes françaises en 2025, montrant un arrêt de la baisse de la mortalité routière.
Auparavant, seule une vingtaine de départements, dont les Landes, le Pas-de-Calais et la Charente-Maritime, appliquaient cette mesure à titre expérimental. Ailleurs, la possession d’un téléphone en main entraînait une amende de 135 euros et le retrait de trois points, sans suspension. Désormais, l’article L. 224-7 du Code de la route permet aux préfets de suspendre le permis de quinze jours à six mois, même sans autre infraction.
L’utilisation du smartphone au volant : un fléau largement répandu
L’usage du téléphone au volant est devenu courant, préoccupant les autorités. Selon la Sécurité routière, près de 80 % des Français admettent utiliser leur smartphone en conduisant. Or, cela triple le risque d’accident, et lire un message augmente ce risque de vingt-trois fois, car le conducteur détourne les yeux de la route pendant au moins cinq secondes. À 50 km/h, cela équivaut à parcourir soixante-dix mètres à l’aveugle, suffisant pour manquer un piéton ou un cycliste.
En 2025, 695 360 infractions pour téléphone au volant ont été recensées, soit une augmentation de 6,7 % par rapport à 2024. Marie-Pierre Vedrenne, dans Le Figaro, avertit : « Vous pouvez avoir sur la conscience une mort pour un SMS envoyé. » Elle vise une prise de conscience générale plutôt que de sanctionner seulement les récidivistes.
Durée de suspension variable selon les cas
La suspension varie entre quinze jours et six mois, selon les circonstances et le profil du conducteur. Dans les départements pilotes, elle dure en moyenne quinze jours, mais peut s’étendre en cas de récidive. La suspension n’est pas immédiate ; elle est notifiée par le préfet après une procédure contradictoire où le conducteur peut s’exprimer. L’amende de 135 euros et le retrait de points restent en vigueur.
Dans les Landes, 300 suspensions ont été enregistrées en trois mois, avec une diminution de 12 % de l’usage du téléphone au volant. Marie-Pierre Vedrenne insiste sur la proportionnalité : « Nous voulons une sanction réelle, mais proportionnée, pour changer les comportements. »
Interdiction stricte, même à l’arrêt
L’interdiction inclut tous les usages : composer un numéro, envoyer un message, ou tenir le téléphone. Elle s’applique en mouvement et à l’arrêt, sauf si le véhicule est garé moteur coupé. Les oreillettes et casques sont interdits, seuls les systèmes Bluetooth intégrés étant autorisés. Pour manipuler un écran, le conducteur doit stationner et couper le moteur. Les assistants vocaux pourraient offrir une alternative, à condition de ne pas toucher l’appareil.
Réactions partagées face à la sévérité de la mesure
Si cette mesure vise à sauver des vies, elle suscite des avis divergents. Pierre Chasseray, de l’association 40 Millions d’automobilistes, critique une multiplication des sanctions sans traiter les causes profondes des accidents. Sur les réseaux, certains saluent la mesure, d’autres la jugent excessive, notamment pour un simple coup d’œil à l’arrêt.
Les chiffres de la sécurité routière illustrent le danger : consulter son smartphone réduit la maîtrise de l’environnement, les réflexes se dégradent, et les conséquences peuvent être graves. Marie-Pierre Vedrenne souligne : « On peut devenir auteur d’un accident juste en envoyant un SMS. » Les technologies embarquées pourraient encourager des comportements plus sûrs.



