Tokyo 2021 : des jeux olympiques sous le signe de la diversité

  • Publié le: mercredi 4 août 2021

A la suite d’un certain nombre de polémiques, le Comité d’organisation de Tokyo 2021 a décidé de placer les jeux olympiques sous le signe à la fois de l’unité et de la diversité. Dès la cérémonie d’ouverture, la «visibilité» des sportifs de différentes communautés crevait l’écran. Un symbole fort de la part du comité, qui entend célébrer devant le monde entier l’aggiornamento amorcé par la société japonaise. 

Ouverture sobre mais festive des jeux olympiques

Les incertitudes dans l’organisation et la préparation du plus grand événement sportif mondial ont plané jusqu’à la dernière minute. Question essentielle, la présence ou non de spectateurs locaux était encore en discussion quelques jours avant la cérémonie d’ouverture. A l’arrivée, les Jeux olympiques ont bien démarré le 23 juillet 2021, et suscitent, jusqu’ici, beaucoup d’enthousiasme.

Plus de 56 % des foyers du Grand Tokyo ont regardé la cérémonie d’ouverture des Jeux en direct à la télévision. Il s’agit de la deuxième plus forte audience après celle des précédents JO organisée dans la capitale nippone en 1964. Pour la première fois dans l’histoire des Jeux, chacune des 206 délégations comptait deux porte-drapeaux. La délégation française était représentée par la judokate Clarisse Agbegnenou et le gymnaste Samir Aït Saïd.

« Plus simple et plus sobre » que d’habitude, la cérémonie d’ouverture se voulait un moment d’« empathie » pour exprimer la « gratitude » et l’« admiration » du monde du sport « pour tous les efforts qui ont été déployés » dans la lutte contre la pandémie. Un hommage a été également rendu aux victimes du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011 au Japon, provoquant notamment le drame  de Fukushima.

Diversité, représentation et visibilité

Mais ce qui a étonné le monde entier dans cette édition 2021, ce sont surtout les efforts, inédits jusque là, déployés par le comité olympique pour mettre en avant la diversité des participants. Une orientation inscrite dans le marbre de la Charte olympique qui interdit la « discrimination de quelque nature que ce soit », devenue « principe fondamental de l’Olympisme », et qui s’est déclinée dans les actes dès le début des Jeux.

C’est en effet la tenniswoman Naomi Osaka, 23 ans, de mère japonaise et père haïtien, quatre fois lauréate de Grands Chelem, qui a allumé la vasque et le basketteur Rui Hachimura, de mère japonaise et de père béninois, qui était l’un des porte-drapeaux japonais. Un signal fort adressé à la société japonaise, encore très homogène. D’après une étude récente, effectuée par l’agence de presse Kyodo, « seulement 20 000 des 1,02 million de bébés nés en 2014 avaient des parents japonais et non-japonais ».

Preuve, s’il en faut, d’une culture de la résilience propre au Japon. Ce qui a par exemple permis au pays de se reconstruire au lendemain de Fukushima, ou encore de rebondir dès juin 2020 au plus fort de la crise sanitaire et de connaître un redémarrage rapide de son économie alors que les autres grandes puissances s’enfonçaient dans un marasme sans fin. Et enfin de montrer au reste du monde la prise en compte par le comité olympique de nouveaux défis pour parvenir à une société plus inclusive.

« Un événement qui sert de moment charnière pour l’image globale du pays hôte »

C’est notamment la cause LGBT+ qui a été mise en avant cette année à Tokyo : au moins 180 sportifs concourant aux jeux sont ouvertement LGBT+, soit plus du triple qu’il y a 5 ans aux jeux olympiques de Rio. Dès l’ouverture des jeux par exemple, la tireuse polonaise Aleksandra Jarmolinska, spécialiste du skeet, portait un masque arc-en-ciel, en référence au Rainbow flag. Sans oublier la participation inédite de l’haltérophile transgenre Laurel Hubbard (Nouvelle-Zélande), soit une première dans l’histoire des jeux olympiques.

La directrice du bureau de Tokyo de l’ONG Human Rights Watch Kanae Doi a voulu insister sur le rôle modélisant des Jeux à l’égard de la société japonaise, voire au-delà : « Les peuples du monde entier reconnaissent que les Jeux olympiques sont plus qu’une simple compétition sportive, mais cet événement devrait également servir de moment charnière pour l’image globale du pays hôte ». Et d’ajouter : « le gouvernement japonais devrait agir dès à présent pour démontrer qu’il prend au sérieux son rôle de leader mondial des droits humains en s’attaquant à ces problèmes bien réels à domicile. »

 

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