L’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) prévu pour 2050 pousse ses acteurs à devoir repenser la construction de leurs immenses entrepôts

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  • Publié le: dimanche 16 juillet 2023

L’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) prévu pour 2050 suscite de nombreuses préoccupations parmi les élus locaux. Selon la loi climat et résilience du 22 août 2021, il ne sera plus possible de convertir des terres agricoles ou des espaces naturels en logements ou en entreprises après cette échéance. D’ici à 2031, les collectivités devront déjà réduire de moitié l’artificialisation des sols par rapport à la décennie précédente, ce qui représente un défi considérable pour les maires.

La vice-présidente de la région Bretagne, Laurence Fortin, résume la situation en expliquant que ce n’est pas la fin de l’urbanisation, mais qu’elle sera désormais limitée et encadrée. La construction de la ville devra se faire sur des surfaces déjà urbanisées. En Bretagne, par exemple, les élus ont dû calculer combien d’hectares restent disponibles entre 2021 et 2031, compte tenu des 18 000 hectares déjà consommés. Il ne reste donc que 9 000 hectares à répartir entre les 1 200 communes bretonnes, et ce chiffre diminue même à 7 900 hectares si l’on tient compte des 1 100 hectares réservés à des projets d’intérêt régional.

De nombreuses questions

La mise en œuvre du ZAN soulève de nombreuses questions et aucun acteur n’est entièrement prêt pour cet exercice. Les maires devront prendre des décisions difficiles en matière de délivrance des permis de construire, en conciliant sobriété foncière et développement économique. Les acteurs économiques, quant à eux, se demandent également où ils pourront construire leurs entreprises à l’avenir. C’est notamment le cas du secteur de la logistique, qui nécessite de vastes entrepôts de stockage et qui est déjà confronté à une pénurie de foncier, en particulier en Bretagne et dans les Pays-de-la-Loire.

Dans ce contexte, il est essentiel de repenser la manière de construire pour préserver les terres. L’une des solutions envisageables est la réhabilitation des friches industrielles, qui sont nombreuses sur le territoire. Le gouvernement encourage d’ailleurs cette approche en allouant un fonds de 650 millions d’euros pour le recyclage de ces anciens sites industriels abandonnés. Certains projets sont déjà en cours, comme celui de La Poste, qui construit actuellement une plateforme de logistique urbaine sur un ancien site postal à Lezennes, dans la métropole lilloise. Cependant, il convient de noter que la réhabilitation des friches industrielles n’est pas une solution miracle, car elles ne sont pas présentes partout et ne sont pas toujours bien situées.

Coopération entre les entreprises

Tout comme pour les logements collectifs, la construction en hauteur est une piste à explorer pour éviter la consommation de terres agricoles. Par exemple, une entreprise de la région de Vitré a récemment construit un parking sur son toit. De plus, il sera nécessaire de mutualiser les espaces de stationnement grâce à une coopération entre les entreprises afin d’optimiser l’utilisation des terres disponibles.

Les acteurs de la logistique devront donc rapidement réfléchir à ces nouvelles méthodes de construction pour se conformer à la loi. Bien que cela représente un défi, de nombreux acteurs sont déterminés à engager cette dynamique vertueuse. Selon Paulo Ferreira, spécialiste du développement immobilier chez Virtuo Industrial Property, il s’agit d’un impératif auquel nous devons répondre, et nous disposons des outils nécessaires pour y parvenir, comme l’indique Diana Diziain, directrice déléguée de l’Afilog, l’association regroupant les acteurs de l’immobilier logistique.

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