Le samedi 28 juin, alors que Météo-France annonçait un nouvel épisode caniculaire avec des températures dépassant les 30 °C sur une grande partie du territoire, plusieurs sites de baignade en eau douce ont été fermés par précaution en raison d’une prolifération de cyanobactéries. Ces restrictions, décidées par les agences régionales de santé (ARS), rappellent que la qualité des eaux de baignade dépend étroitement des conditions météorologiques et environnementales. Si ces micro-organismes existent depuis des milliards d’années, leur développement devient aujourd’hui un enjeu sanitaire majeur dans un contexte de réchauffement climatique.
Pourquoi la baignade est-elle interdite lorsque les cyanobactéries prolifèrent ?
Les interdictions de baignade ne sont pas liées à la simple présence de cyanobactéries, mais à leur capacité à produire des toxines. Ces micro-organismes, parfois appelés à tort « algues bleues », figurent parmi les plus anciens organismes vivants de la planète. Selon l’article d’ICI publié à partir d’informations recueillies par l’AFP, ils sont apparus il y a plus de trois milliards d’années et prolifèrent particulièrement lorsque les eaux approchent les 30 °C. Christophe Laplace-Treyture, chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), résume leurs conditions de développement : « Elles adorent les plans d’eau, un peu de lumière et les fortes chaleurs », selon des propos rapportés par l’AFP et repris par ICI.
Ces organismes se développent principalement dans les eaux calmes des lacs, étangs ou rivières peu brassées. Lorsqu’ils prolifèrent en surface, ils peuvent former une coloration verte, bleu-vert ou brunâtre, parfois accompagnée d’écumes ou d’amas flottants. L’ARS Occitanie rappelle que toutes les cyanobactéries ne produisent pas de toxines, mais qu’il est impossible de distinguer visuellement les espèces dangereuses de celles qui sont inoffensives. C’est pourquoi la présence d’une efflorescence suffit souvent à déclencher des analyses puis, si nécessaire, une interdiction temporaire de baignade, dans un objectif de prévention sanitaire.
Baignade et cyanobactéries : quels sont les risques pour la santé ?
Les risques apparaissent lorsque les cyanobactéries libèrent des cyanotoxines dans l’eau. Ces substances peuvent agir sur plusieurs organes et provoquer des effets très variables selon le niveau d’exposition. « Elles deviennent dangereuses quand elles produisent des toxines, qui peuvent être neurotoxiques ou hépatotoxiques, avec des effets sur tout le système gastro-intestinal », expliquait Cécile Bernard, chercheuse au Muséum national d’histoire naturelle, sur franceinfo, citation reprise par ICI. Les symptômes les plus fréquents comprennent des nausées, des vomissements, des diarrhées, des douleurs abdominales, des irritations de la peau, des yeux ou des muqueuses ainsi que des étourdissements.
Les autorités sanitaires rappellent que le risque concerne avant tout les personnes qui avalent de l’eau contaminée ou qui restent longtemps exposées à une eau fortement chargée en toxines. Les animaux domestiques sont toutefois les premières victimes. Selon les informations rapportées par ICI, quelques dizaines de chiens meurent chaque année après avoir bu une eau contaminée ou s’être léché le pelage après une baignade. Chez l’homme, les cas mortels restent exceptionnels. Une étude publiée en 2017 dans la revue Archives of Toxicology n’a recensé que six décès dans le monde attribués à une contamination par des cyanobactéries depuis 1960. De son côté, l’ARS Occitanie recommande d’éviter toute baignade lorsque l’eau présente une coloration anormale, des dépôts verdâtres ou des amas flottants, et de consulter un médecin en cas d’apparition de symptômes après une exposition. Les agences régionales de santé assurent par ailleurs une surveillance régulière des sites de baignade, complétée par des recherches spécifiques de cyanotoxines dans les eaux douces les plus sensibles.

