Le gouvernement français a annoncé une décision importante concernant la réforme des retraites : son application est suspendue temporairement. Cette mesure, présentée par le Premier ministre, intervient après l’adoption du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. La dernière mise à jour date du 30 octobre 2025 et l’information a été rendue publique le lendemain. Ce gel a des répercussions notables pour les salariés comme pour les employeurs en France.
Ce qu’il faut savoir sur le gel
Le cÅ“ur de cette décision se trouve dans l’article 45 bis du PLFSS, déposé le 23 octobre. Ce texte prévoit de geler le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite ainsi que celui du nombre de trimestres requis pour toucher une pension complète. Le vote définitif est attendu après les débats politiques prévus en novembre. En pratique, cela signifie que l’âge légal ne pourra pas être augmenté avant janvier 2028.
Le coût estimé de ce gel s’élève à 1,4 milliard d’euros pour les années 2026 et 2027, ce qui représente un impact financier notable. Cette dépense devra être compensée par d’autres mesures d’équilibre financier prévues dans le budget de la Sécurité sociale.
Conséquences pour employeurs et salariés
Cette décision repousse la fin de carrière des seniors, offrant ainsi aux employeurs et aux travailleurs plus âgés un délai supplémentaire pour organiser leurs départs. Cela ne remet pas en cause les objectifs fixés pour l’emploi des personnes de plus de 55 ans.
La gestion des fins de carrière reste un sujet de préoccupation, alors que le marché du travail doit se plier à ces nouvelles mesures temporaires.
Calendrier et personnes concernées
Le gel est prévu jusqu’à l’élection présidentielle de mai 2027. L’âge légal reste donc fixé à 62 ans et 9 mois, avec un nombre de 170 trimestres nécessaires pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Cette mesure touche principalement les générations concernées, soit environ 3,5 millions d’actifs dont les départs sont prévus entre 2026 et 2030.
Par exemple, ceux nés en 1964 pourront partir dès octobre 2026, tandis que pour les autres, les modalités dépendront des futures décisions politiques après 2027.
Régimes spéciaux et petites exceptions
Le gel s’applique surtout aux salariés du régime général nés après 1963. Cependant, seules les personnes nées en 1964 profitent pleinement de cette suspension. Les régimes dits « spéciaux» ainsi que certaines catégories de la fonction publique continuent de suivre leurs propres règles. De même, les fonctionnaires qualifiés de « super-actifs » (comme les surveillants pénitentiaires ou les pompiers) bénéficient de dispositifs particuliers.
Ces exclusions permettent de réduire le coût total estimé du gel d’environ 400 millions d’euros.
Carrières longues et durée d’assurance
Le dispositif des carrières longues est maintenu grâce au décret du 10 juin 2023. Il permet à ceux qui ont commencé leur carrière avant 21 ans de partir plus tôt. En 2024, ce mécanisme a permis à 118 000 personnes parmi un total de 652 000 retraites liquidées de bénéficier d’un départ anticipé.
En outre, même si la durée d’assurance devait normalement être portée progressivement à 172 trimestres d’ici 2030, elle restera fixée à 170 trimestres jusqu’en janvier 2028 grâce au gel prévu par l’article 45 bis du PLFSS. Pour les personnes nées en 1964, cela signifie qu’ils devront cotiser pendant 170 trimestres, tandis que ceux nés en 1965 devront atteindre 171 trimestres.
La décision du gouvernement marque ainsi une pause dans l’évolution des réformes des retraites, lançant un appel à réfléchir ensemble sur l’avenir du système social en France.





