France Travail : 2,73 millions d’inscrits cherchent un emploi depuis au moins un an

Au troisième trimestre 2026, 46,8 % des inscrits à France Travail tenus de rechercher un emploi le sont depuis au moins un an, contre 44,2 % un an plus tôt. La progression du chômage de longue durée met en lumière une difficulté croissante à sortir durablement des listes.

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France Travail : 2,73 millions d’inscrits cherchent un emploi depuis au moins un an © Social Mag

Le chômage de longue durée prend davantage de place dans les statistiques de France Travail. Au troisième trimestre 2026, 2 734 900 personnes sont inscrites depuis au moins un an dans les catégories A, B et C, soit une hausse de 8,4 % en douze mois. Leur part atteint 46,8 % des demandeurs d’emploi tenus de rechercher un poste, contre 44,2 % un an auparavant.

Ces données, issues des statistiques trimestrielles de France Travail et diffusées le 28 octobre, montrent que l’allongement des périodes d’inscription constitue un enjeu distinct de la seule augmentation du nombre de personnes sans activité. Le constat est également repris dans une dépêche de l’AFP.

La durée d’inscription s’allonge alors que les entrées récentes reculent

L’ancienneté moyenne d’inscription atteint 633 jours, soit dix jours de plus qu’un an auparavant. Dans le même temps, le nombre de personnes inscrites depuis moins d’un an diminue de 2,4 % sur douze mois. Les deux évolutions dessinent un marché du travail où la difficulté porte aussi sur le retour à l’emploi des personnes déjà présentes dans les fichiers.

Le périmètre mérite d’être précisé : les catégories A, B et C regroupent les personnes tenues de rechercher un emploi. La catégorie A concerne celles qui n’ont exercé aucune activité ; les catégories B et C incluent des personnes ayant travaillé une partie du mois. Les 2,73 millions d’inscrits de longue durée ne sont donc pas tous sans activité professionnelle.

Au total, 5 847 500 personnes figurent dans ces trois catégories au troisième trimestre, soit 0,8 % de plus qu’au trimestre précédent. Parmi elles, 3 353 400 relèvent de la catégorie A, en progression de 0,9 % sur trois mois. Ces effectifs administratifs ne se confondent pas avec le taux de chômage calculé par l’Insee selon les critères du Bureau international du travail.

Jeunes et demandeurs d’emploi installés dans la durée : deux fragilités

Les moins de 25 ans connaissent également une hausse marquée des inscriptions sans activité : +2,4 % en catégorie A sur le trimestre. Le vieillissement des inscriptions et les difficultés d’entrée sur le marché du travail touchent ainsi des situations différentes, qui appellent des réponses adaptées.

Pour les personnes déjà inscrites depuis longtemps, l’enjeu est notamment de retrouver des possibilités concrètes de recrutement, de formation ou d’accompagnement. La hausse du nombre d’inscrits de longue durée n’établit pas, à elle seule, les causes individuelles de leur situation : qualifications recherchées, mobilité, santé, contraintes familiales et disponibilité des postes peuvent varier fortement d’un parcours à l’autre.

Des chiffres à lire avec le changement de périmètre de France Travail

Depuis janvier 2025, la loi pour le plein emploi a entraîné l’inscription systématique de publics supplémentaires, notamment des bénéficiaires du RSA et des jeunes suivis par les missions locales. Les services de l’État détaillent ce changement et les nouvelles catégories F et G dans leurs publications régionales du 28 octobre.

Cette modification administrative complique les comparaisons d’effectifs d’une année sur l’autre. Elle doit être prise en compte pour interpréter les évolutions des listes, sans effacer la question de la durée d’inscription. Les statistiques nationales distinguent les personnes tenues de rechercher un emploi de celles en parcours social ou en attente d’orientation.

Pour les demandeurs d’emploi, ces résultats n’annoncent aucune modification automatique des droits à l’indemnisation. Ils éclairent plutôt une difficulté persistante : rester inscrit plus longtemps alors que les perspectives de retour à l’emploi varient selon l’âge, les compétences et le territoire.

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