Factures : un tiers des Français peinent à payer gaz et électricité

La précarité énergétique atteint un seuil inédit en France : selon le baromètre énergie-info 2025 du Médiateur national de l’énergie, 36 % des ménages peinent à payer leurs factures de gaz ou d’électricité. Une situation qui illustre la fragilité persistante de nombreux foyers malgré la stabilisation du coût de l’énergie.

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Factures : un tiers des Français peinent à payer gaz et électricité
Factures : un tiers des Français peinent à payer gaz et électricité © Social Mag

Publié le 28 octobre 2025, le baromètre énergie-info du Médiateur national de l’énergie dresse un constat alarmant : plus d’un tiers des Français est en situation de précarité énergétique. En dépit d’une légère accalmie sur les marchés du gaz et de l’électricité, la pression sur les factures reste lourde pour des millions de ménages. Le rapport, mené par l’institut Becoming auprès de 2 000 foyers, révèle que les difficultés de paiement atteignent leur plus haut niveau depuis cinq ans, signe d’un déséquilibre durable dans l’accès à l’énergie.

Des factures d’énergie toujours plus difficiles à honorer

Selon les données publiées par Franceinfo le 28 octobre 2025, 36 % des ménages déclarent rencontrer des difficultés pour payer leurs factures de gaz ou d’électricité. C’est le taux le plus élevé enregistré depuis la crise de 2023, qui avait déjà fragilisé les foyers à cause de la flambée des prix provoquée par la guerre en Ukraine. Le médiateur de l’énergie évoque un « seuil préoccupant », illustrant la tension croissante entre le coût de la vie et les revenus des ménages modestes. Cette hausse intervient alors même que le tarif réglementé de l’électricité a reculé au premier semestre 2025 et que les prix du gaz se sont stabilisés. Pourtant, pour beaucoup, la réalité du budget reste insoutenable. « La crise des prix de l’énergie pendant deux ans a fait considérablement augmenter les tarifs. Il n’y a plus de bouclier et il y a eu de l’inflation sur les produits alimentaires notamment », explique Frédérique Feriaud, directrice générale du Médiateur national de l’énergie, sur Franceinfo.

Selon elle, le niveau actuel des tarifs réglementés reste environ 20 % plus élevé qu’en 2021, un différentiel qui pèse lourd dans les factures mensuelles des foyers. Les profils les plus vulnérables se concentrent parmi les jeunes actifs, les familles monoparentales et les personnes sans emploi. Ils vivent souvent dans des logements mal isolés, qualifiés de passoires thermiques. « On est souvent dans des profils de familles, de jeunes ou de foyers avec un seul revenu, des personnes également au chômage, qui, bien souvent, habitent dans des logements mal isolés », précise Frédérique Feriaud. Ces logements énergivores aggravent la dépendance des foyers aux aides publiques, dont le chèque énergie versé cette année exceptionnellement en novembre, après la trêve hivernale, risque d’arriver trop tard pour certains.

Une précarité énergétique structurelle malgré la baisse du gaz et de l’électricité

Le baromètre énergie-info 2025 montre que la sobriété énergétique reste subie plus que choisie. D’après le Médiateur national de l’énergie, 87 % des ménages qui réduisent leur consommation le font avant tout pour baisser leurs factures, contre seulement 34 % motivés par des considérations environnementales. En d’autres termes, la contrainte budgétaire supplante la conscience écologique. Ce phénomène s’explique par la persistance de fortes inégalités face aux coûts de l’énergie. Le médiateur observe que 35 % des ménages ont souffert du froid pendant au moins 24 heures l’hiver dernier, contre 30 % en 2024 et 14 % en 2020. La tendance, relevée également par Connaissance des Énergies, confirme une dégradation continue du confort thermique dans les foyers les plus modestes. 59 % des bénéficiaires du chèque énergie déclarent avoir souffert du froid, un chiffre qui témoigne du décalage entre l’aide publique et les besoins réels.

Les ménages à bas revenus cumulent les obstacles : logements anciens, électroménager énergivore, absence de travaux d’isolation. Malgré les programmes publics de rénovation, le rythme reste trop lent. Selon le site officiel du Médiateur national de l’énergie, les dépenses d’énergie demeurent « au cœur des préoccupations » et représentent jusqu’à 10 % du budget mensuel pour les foyers les plus précaires. De plus, 1 200 000 personnes ont subi des restrictions d’électricité en 2024 pour cause d’impayés. Ce chiffre, rapporté par Franceinfo, illustre la vulnérabilité persistante de nombreux ménages, même en dehors des périodes de grand froid. Le médiateur plaide pour « l’interdiction totale des coupures d’électricité en cas d’impayés » et la mise en place d’un droit à une alimentation minimale en électricité toute l’année, une mesure déjà appliquée partiellement pendant la trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars.

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