Électricité : les énergies renouvelables dépassent enfin le charbon

Les énergies renouvelables viennent de franchir un cap historique. Elles ont produit plus d’électricité que le charbon au premier semestre 2025, signe d’une bascule mondiale, contrastée selon les régions mais désormais mesurable, selon Ember.

Publié le
Lecture : 3 min
Énergies renouvelables : l’électricité mondiale dépasse enfin le charbon
Électricité : les énergies renouvelables dépassent enfin le charbon © Social Mag

Les énergies renouvelables ont, pour la première fois, dépassé le charbon dans la production mondiale d’électricité. Cette inflexion, portée par un solaire en plein essor et un éolien en progression, s’inscrit dans une dynamique où la demande mondiale augmente, mais où la part des fossiles reflue légèrement, d’après Ember.

Une « première » mondiale, portée par le solaire et l’éolien

Au premier semestre 2025, les énergies renouvelables ont produit 5 072 TWh d’électricité, dépassant les 4 896 TWh du charbon, selon des chiffres repris d’Ember par Argus Media. Cette bascule tient d’abord à l’envolée du solaire : la production solaire a augmenté de 31 % sur un an, tandis que l’éolien a crû de 7,7 %, soit plus de 400 TWh ajoutés, davantage que la hausse de la demande mondiale d’électricité. Les parcs éoliens et solaires du monde ont produit plus d’électricité que les centrales à charbon pour la première fois cette année.», rapporte The Guardian. Les énergies renouvelables ne se contentent plus de suivre la courbe, elles tirent désormais l’électricité mondiale, quand le charbon cède du terrain.

Parce que le signal est global mais hétérogène, la dynamique se lit dans les chiffres. D’une part, la demande mondiale d’électricité progresse, et Ember relève par ailleurs une hausse de 2,6 % (369 TWh) dans son suivi plus large, tandis que la génération fossile recule très légèrement. D’autre part, le léger repli des fossiles s’explique par la poussée combinée du solaire et de l’éolien : les énergies renouvelables ont répondu à la quasi-totalité, voire au-delà, de la hausse de la demande d’électricité, réduisant l’espace du charbon.

Des disparités régionales marquées, du recul asiatique aux tensions occidentales

La photographie par région confirme l’ampleur du virage des énergies renouvelables mais aussi ses limites. En Chine, Ember observe que le pays a ajouté davantage de capacités renouvelables que le reste du monde combiné, ce qui a permis de réduire l’usage des fossiles de 2 % au premier semestre 2025, une évolution déterminante pour l’électricité mondiale et la part du charbon. En Inde, la croissance des énergies renouvelables a été plus de trois fois supérieure à celle de la demande d’électricité, entraînant des baisses du charbon (−3,1 %) et du gaz (−34 %) sur la période. Cette avancée asiatique pèse lourd dans l’équation globale des énergies renouvelables et conforte le décrochage relatif du charbon.

À l’inverse, les États-Unis et l’Union européenne ont connu une conjoncture moins favorable aux énergies renouvelables au premier semestre. En Europe, la faiblesse éolienne et hydroélectrique liée aux conditions météorologiques a mécaniquement soutenu un recours accru au gaz et, marginalement, au charbon, malgré l’essor du solaire, ce qui a pesé sur l’électricité bas-carbone. Au-delà de ces à-coups, la tendance longue demeure. Le solaire gagne du terrain dans le mix et les énergies renouvelables consolident l’avantage acquis face au charbon, comme le confirment les reprises médiatiques.

Un tournant, mais des vents contraires pour la suite

Ce dépassement mondial des énergies renouvelables intervient alors que plusieurs observateurs signalent un ralentissement des ajouts de capacités, compliqué par des incertitudes politiques et industrielles. L’objectif de triplement des capacités d’énergies renouvelables d’ici 2030 apparaît plus ardu, malgré la séquence du premier semestre qui a vu l’électricité renouvelable surclasser le charbon. Pour autant, la tendance structurelle reste nette. Le solaire, en particulier, conserve une trajectoire ascendante, qui soutient le découplage entre la demande d’électricité et la consommation de charbon.

Dans ce contexte, les acteurs du système électrique doivent orchestrer un double mouvement. D’un côté, absorber la croissance rapide des énergies renouvelables dans les réseaux et les marchés ; de l’autre, gérer les aléas de production et les cycles de la demande d’électricité, sans retomber sur le charbon en période de tension. Comme le résume la formulation d’Argus Media citant Ember, « Les énergies renouvelables ont fourni 5 072 TWh… dépassant le charbon à 4 896 TWh » : au-delà du symbole, c’est un changement d’échelle qui appelle des investissements ciblés dans les flexibilités, afin de pérenniser l’avantage compétitif des énergies renouvelables.

Suivez-nous sur Google NewsSoutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités.

Laisser un commentaire

Share to...