Avant de partir en vacances, mieux vaut vérifier deux choses : la météo, et la légalité de l’auto-stop dans le pays visité. Car lever le pouce au bord d’une route, geste anodin en France, peut valoir une amende salée, voire des poursuites, dans plusieurs destinations touristiques prisées. Et l’automobiliste qui s’arrête pour rendre service n’est pas toujours épargné.
En France, le Code de la route n’interdit pas cette pratique. Seule exception : l’autoroute, où faire du stop reste proscrit comme ailleurs dans le monde. Mais dès la frontière franchie, les règles changent du tout au tout.
Italie et Espagne, deux tolérances à géométrie variable
En Italie, la réglementation distingue clairement les routes. L’auto-stop est toléré sur les axes urbains et secondaires, mais formellement exclu des grands itinéraires, alerte Le Journal des Femmes. Le Code de la route italien interdit textuellement de « demander ou d’accorder des trajets » sur les voies, les bretelles d’accès, les jonctions, ainsi que sur les aires de service et de stationnement. L’amende encourue oscille entre 42 et 173 euros.
Dans les faits, les autorités italiennes ferment parfois les yeux. Un auto-stoppeur qui demande poliment un trajet sur un parking ou une aire de repos, sans geste perturbateur sur la chaussée, s’expose rarement à des poursuites.
L’Espagne applique une logique voisine mais plus tranchée : le stop y est interdit sur les voies rapides et dans les zones de péage, aussi bien pour le piéton que pour le conducteur qui s’arrête. L’amende s’élève à 80 euros.
La pratique y est si rare que les habitants, et parfois même certains policiers, croient à tort qu’elle est prohibée sur tout le territoire espagnol. Une confusion que rapportent régulièrement des auto-stoppeurs sur des forums dédiés au voyage.
Singapour, la traque indirecte la plus sévère
À Singapour, aucune loi n’interdit explicitement l’auto-stop gratuit. Mais la cité-État dispose d’un arsenal juridique redoutable pour le décourager, via des textes contre l’entrave au trafic ou le vagabondage. Résultat : un piéton surpris à faire du stop risque une amende minimale de 670 euros.
Le covoiturage informel, lui, est traité avec une sévérité qui tranche avec le reste du monde. Un conducteur qui transporte des passagers sans enregistrement officiel, à titre commercial ou non, s’expose à une amende dépassant 2 000 euros en cas de récidive. La peine peut aller jusqu’à 6 mois d’emprisonnement.
Paradoxe : l’Australie attire chaque année des milliers de voyageurs, séduits par l’image du road trip sans contrainte. Le pays figure pourtant parmi les plus rigoureux du monde en matière d’auto-stop.
Les règles varient selon les États. Certains interdisent formellement de solliciter un trajet depuis la route et appliquent des amendes particulièrement élevées. De quoi refroidir les candidats au pouce levé, même dans un pays réputé accueillant pour les routards.
Aux États-Unis, il n’existe pas de règle unique. La loi fédérale interdit l’auto-stop sur les autoroutes, comme dans la plupart des pays cités. Mais chaque État ajoute ses propres restrictions.
Dans l’État de New York et en Pennsylvanie, solliciter un conducteur depuis la chaussée est strictement interdit, sous peine d’amendes allant de 50 à 150 dollars. Le Nevada et le New Jersey vont plus loin : l’auto-stop y est illégal même depuis le trottoir ou le bas-côté, là où d’autres États tolèrent au moins cette position en retrait.
Un point commun traverse la plupart de ces législations : les sanctions ne visent pas seulement l’auto-stoppeur. L’automobiliste qui s’arrête pour l’aider peut lui aussi être verbalisé, selon les mêmes textes.

