En France, une pétition recueille un large soutien pour que l’affichage du Nutri-score devienne obligatoire sur les emballages alimentaires. Lancée par les scientifiques à l’origine du Nutri-score, elle met en avant l’importance majeure de cet outil comme moyen de prévention de santé publique. Avec près de 57 000 signatures et l’appui de 79 structures jouant un rôle majeur dans le domaine de la santé, le débat sur l’instauration obligatoire de cet étiquetage refait surface, confirme TF1 Info.
Les signatures et soutiens qui comptent
Le site de l’Assemblée nationale est devenu le point de ralliement de cette mobilisation : la pétition y a déjà recueilli un soutien massif. Conçue pour rendre obligatoire l’affichage du Nutri-score, elle rassemble des soutiens variés. 45 sociétés savantes telles que la Société française de nutrition, la Société francophone du diabète et l’Académie nationale de médecine, ainsi que 33 associations citoyennes, dont la Ligue contre le cancer, UFC-Que Choisir, et 60 millions de consommateurs, ont exprimé leur appui.
Cette convergence entre professionnels de la santé et organismes de consommateurs souligne la volonté d’une plus grande transparence nutritionnelle et l’expertise des acteurs engagés.
Sandrine Runel, députée socialiste, porte cette proposition de loi à l’Assemblée nationale où elle bénéficie du soutien de huit groupes politiques sur les onze présents. Malgré cela, certains grands groupes agroalimentaires restent réticents, influencés par des lobbies qui s’opposent à une telle régulation.
Un outil de santé publique qui divise
Instauré en 2017, le Nutri-score est un système d’étiquetage volontaire classant les aliments de A à E selon leur composition nutritionnelle. Conçu par Serge Hercberg, il est reconnu comme un « outil de prévention simple, français et efficace » depuis sa mise en place.
L’objectif est de faciliter le choix du consommateur pour améliorer l’état nutritionnel de la population et réduire les risques de maladies chroniques, face au surpoids et à la hausse de l’obésité en France.
Malgré le vote du 7 novembre 2025 par les députés en faveur d’un affichage obligatoire, l’entrée en vigueur reste en suspens. Les initiateurs de la pétition dénoncent une « perte de chance pour les citoyens français » face à un devoir non assumé par l’État : protéger et promouvoir la santé publique.
Les experts demandent un changement de loi
Le soutien des 79 structures du secteur de la santé et des associations de consommateurs représente un « soutien de poids » et illustre la volonté populaire d’avoir accès à une information nutritionnelle claire et lisible. Serge Hercberg, concepteur du Nutri-score, mobilise cette coalition diversifiée en insistant sur son utilité manifeste et la nécessité urgente d’une législation pour le rendre obligatoire.
Tandis que l’industrie agroalimentaire fait preuve de résistance, la pression grandissante ouvre un dialogue sur la responsabilité effective des entreprises vis‑à‑vis de la santé publique. En réclamant cette obligation, les signataires espèrent pousser une décision législative qui reflète « l’acceptation sociétale et la volonté des citoyens à améliorer leur santé ».



