Un phénomène inquiétant touche plusieurs milliers de retraités en France : ils n’ont pas demandé leur pension auprès de la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse (Cipav). Ce souci concerne surtout ceux qui ont exercé brièvement une activité libérale, et il met en avant des problèmes liés à la diffusion des infos et à la complexité des démarches administratives.
Un souci de taille
La Cipav a relevé que 3 573 assurés, nés entre 1949 et 1954, n’ont pas renvoyé leur demande de retraite. Pour la génération de 1949, cela représente 67% des destinataires, ce qui est assez élevé. Entre 2021 et 2023, malgré les relances menées par la Cipav, seuls 30 à 35 % des cotisants y ont répondu. Ces chiffres montrent soit un problème dans la communication, soit une méconnaissance des droits par les assurés.
Pour y remédier, la Cipav a lancé dès la mi-mai une campagne visant à vérifier les adresses et à envoyer un second courrier aux personnes concernées.
Les métiers concernés
Depuis la réforme des retraites de 2018, la Cipav s’est recentrée sur une vingtaine de métiers précis. Parmi ceux-ci, on retrouve :
- accompagnateur de moyenne montagne
- architecte
- architecte d’intérieur
- artiste non affilié
- chiropracteur
- diététicien
- économiste de la construction
- ergothérapeute
- expert automobile
- expert devant les tribunaux
- géomètre expert
- guide haute montagne
- guide conférencier
- ingénieur conseil
- maître d’œuvre
- mandataire judiciaire à la protection des majeurs
- moniteur de ski
- ostéopathe
- psychologue
- psychomotricien
- psychothérapeute
Avant cette réforme, plus de 400 professions libérales étaient rattachées à la caisse, et ceux qui exerçaient en dehors de cette liste ont été transférés vers le régime général via la Sécurité sociale des indépendants, ce qui a parfois semé la confusion chez certains retraités quant aux dispositifs sociaux à contacter pour leurs droits.
Des démarches simplifiées mais toujours méconnues
Depuis 2019, plus de 90 % des demandes se font sur Internet grâce à une simplification des procédures. Pourtant, un nombre non négligeable d’assurés ne passent toujours pas à l’action. Avant 2018, l’accès aux informations était plus compliqué et il fallait, dans bien des cas, monter plusieurs demandes pour couvrir tous les régimes cotisés.
Cette ancienne complexité pourrait expliquer pourquoi certains retraités ne sont pas informés ou hésitent à lancer les démarches pour toucher leur pension, y compris l’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées.
Des sommes financières non négligeables
Même si ces montants ne constituent pas la totalité de la pension, ils restent importants pour les bénéficiaires, tout comme certaines aides financières qui peuvent améliorer le quotidien.
Cette situation montre bien l’importance de bien informer les futurs retraités sur leurs droits, notamment en matière de retraite complémentaire. En rappelant à chacun de réaliser les démarches, on pourrait aider un bon nombre de personnes à profiter pleinement des fruits de leurs années de travail.


