Un rapport récent montre que 437 000 retraités n’ont pas demandé leur retraite complémentaire, ce qui soulève de fortes interrogations sur la gestion des droits à la retraite en France. Ces retraités, nés entre 1949 et 1954, représentent 27,5 % des affiliés à l’Ircantec, un système de retraite qui concerne les anciens agents non titulaires de la fonction publique, comme les vacataires, contractuels et auxiliaires. Ce phénomène met en lumière un souci de taille : des prestations pourtant acquises qui ne sont pas réclamées.
Un souci de budget à ne pas négliger
Les sommes non demandées varient en fonction de la durée de cotisation. Pour les carrières courtes, la moyenne est d’environ 230 euros bruts par an – soit environ 20 euros par mois pour une cotisation moyenne de cinq ans. À l’inverse, pour les carrières longues, le montant peut atteindre jusqu’à 810 euros bruts par an, ce qui représente plus de 65 euros par mois pour une cotisation allant jusqu’à quarante ans. Ces chiffres montrent bien l’ampleur du phénomène et la dimension financière que représentent ces montants pour de nombreux retraités.
Plusieurs raisons expliquent que ces pensions restent en suspens. D’après Ronan Mahieu, directeur des études et des statistiques de la direction des politiques sociales de la Caisse des dépôts, « de nombreux affiliés ne gardent pas en mémoire qu’ils ont cotisé pour ce régime particulier ». Par ailleurs, le passage vers un régime privé (Agirc-Arrco) ou vers la fonction publique peut faire oublier ces droits. Les anciens travailleurs étrangers ayant quitté la France sont aussi touchés. Enfin, ceux qui ont cotisé avant l’âge de trente ans ou de façon discontinue semblent plus enclins à zapper ces droits.
Des actions pour retrouver ses droits
Depuis 2019, une démarche unique en ligne permet aux retraités de récupérer l’ensemble de leurs droits via le portail info-retraite.fr. L’Union retraite a lancé une importante campagne d’information pour rappeler aux affiliés qu’ils peuvent récupérer leurs droits via divers dispositifs sociaux. Entre mars 2022 et janvier 2024, plus de 70 000 lettres ont été expédiées aux personnes nées entre 1945 et 1948. Grâce à ces initiatives, 25,7 % des destinataires ont engagé les démarches nécessaires pour obtenir leur pension Ircantec, ce qui a permis de faire baisser le taux de non-recours de 42 % à 39 %.
Les prochaines étapes et comment demander
En 2023, l’Union retraite compte s’adresser aux retraités nés entre 1949 et 1951, avec le plan d’inclure chaque année trois nouvelles générations dans cette démarche proactive. Pour réclamer leurs droits, les retraités peuvent vérifier leur relevé de carrière et signaler toute période oubliée directement sur le portail info-retraite.fr. Ils ont aussi la possibilité de contacter l’Ircantec ou leur Caisse régionale via leur espace personnel sur ce même portail. À noter qu’il n’existe aucun délai de prescription tant qu’aucune demande n’a été formulée.
Cette situation montre bien l’importance de mieux informer chacun sur ses droits à la retraite complémentaire et pousse tous les retraités à vérifier leurs propres droits pour éviter toute perte financière future.


