Radios françaises : attention à ces marques qui ne proposent plus de récepteurs hertziens

Le 21 septembre 2026, Radio France, l’Alliance de la Radio et Les Locales ont lancé un appel commun pour rendre obligatoire l’installation de récepteurs FM et DAB+ dans les voitures neuves. Une union sans précédent entre secteur public, privé et associatif, soutenue par le SGDSN et l’Arcom, pour défendre l’accès gratuit et résilient à l’information face aux plateformes de streaming et aux constructeurs automobiles.

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Radios françaises : attention à ces marques qui ne proposent plus de récepteurs hertziens
Radios françaises : attention à ces marques qui ne proposent plus de récepteurs hertziens © Social Mag

Le 21 septembre 2026, un événement inhabituel a réuni Radio France, l’Alliance de la Radio (incluant RTL, Europe 1, etc.) et Les Locales, qui ont lancé un appel conjoint aux gouvernements français et européen. Cette coalition inédite entre secteur public, privé et associatif, soutenue par le SGDSN et l’Arcom, vise à défendre l’accès gratuit, anonyme et résilient à l’information en voiture.

Quand le public, le privé et l’associatif font front commun

Pour la première fois, Radio France, l’Alliance de la Radio et Les Locales ont uni leurs voix pour exiger l’installation obligatoire de récepteurs FM et DAB+ dans les véhicules neufs. Cette demande survient alors que certains constructeurs, principalement américains et chinois, commercialisent des voitures sans récepteur hertzien ou le proposent en option payante. Cette disparition progressive inquiète les stations, car elle menace leur modèle économique et leur mission d’information.

Sibyle Veil, présidente de Radio France, et Constance Benqué, présidente de l’Alliance de la Radio et dirigeante d’Europe 1, ont adressé une lettre au ministre de l’Économie Roland Lescure, affirmant que l’accès à la radio hertzienne ne doit pas dépendre de contrats commerciaux entre constructeurs et plateformes de streaming. Selon Médiamétrie, en 2025, 37 % de l’audience radio provenait des voitures. La perte de ce canal réduirait d’un tiers l’écoute totale.

L’État et la réglementation européenne en soutien

Le SGDSN, l’Arcom et le ministère de la Culture se sont joints à cette initiative. Ensemble, ils plaident en faveur de l’équipement obligatoire des véhicules neufs en récepteurs hertziens dans le cadre de la consultation européenne sur le Digital Networks Act (DNA), en discussion à Bruxelles. L’objectif est de garantir cette obligation.

Pour le SGDSN, la radio hertzienne est une infrastructure critique. La panne d’électricité massive en Espagne en avril 2025 l’a démontré : les antennes relais mobiles ont cessé de fonctionner après vingt minutes, tandis que la radio hertzienne est restée opérationnelle, fournissant des informations essentielles à des millions de personnes.

L’accès libre et anonyme à l’information, un enjeu crucial

Constance Benqué insiste : « L’accès des Français à la radio ne doit pas être conditionné par un accord commercial entre un constructeur et une plateforme de streaming. Le législateur doit l’assurer. » Les constructeurs privilégient souvent des partenariats avec des plateformes comme Spotify ou Deezer, reléguant la radio hertzienne à un service secondaire, voire payant. Le secteur exige que l’hertzien reste un standard sans frais supplémentaires.

Sibyle Veil rappelle que « la radio reste quand tout s’arrête ». Lors des incendies en Gironde cet été, qui ont détruit 80 kilomètres de câbles de fibre optique et 1 200 poteaux, seuls les signaux radio ont continué de diffuser.

La radio hertzienne, pilier d’indépendance face aux géants numériques

Les acteurs radiophoniques soulignent que « la radio hertzienne est le média gratuit, anonyme et résilient par excellence en cas de crise ». Elle est accessible sans abonnement, sans collecte de données personnelles, et fonctionne même sans infrastructures électriques ou numériques. Les radios s’unissent pour maintenir cette indépendance face aux intermédiaires commerciaux.

L’indépendance technologique de la radio hertzienne est un enjeu de souveraineté informationnelle. Lorsque l’accès à l’information est dominé par des plateformes numériques étrangères, les États perdent leur contrôle sur la diffusion, le contenu et la monétisation. La radio hertzienne, régulée par l’Arcom, reste sous contrôle national.

La bataille pour la souveraineté informationnelle au Parlement européen

Le 9 septembre 2026, Sibyle Veil a plaidé cette cause au Parlement européen, soulignant l’importance de préserver un modèle médiatique européen face à la domination des plateformes numériques. Les radios souhaitent rendre obligatoires les récepteurs FM et DAB+ dans toute l’Union.

En France, le débat continue au Sénat. L’article 2 de la proposition de loi sur la modernisation de la radio, soutenue par le sénateur Laurent Lafon, inclut cette exigence. Le vote est prévu pour le 13 octobre 2026. Si le texte est adopté, la France serait le premier pays européen à imposer légalement les récepteurs hertziens dans les voitures neuves, influençant potentiellement la législation à Bruxelles.

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