Argent des migrants : 1,1 milliard de personnes soutenues en 2025

En 2025, 220 millions de migrants ont envoyé 728,6 milliards de dollars vers les pays pauvres, soutenant 1,1 milliard de proches. L’argent transféré finance la nourriture, l’éducation, la santé et constitue un filet de sécurité sociale irremplaçable pour les populations vulnérables d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

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Argent des migrants : 1,1 milliard de personnes soutenues en 2025 © Social Mag

En 2025, 220 millions de migrants ont transféré 728,6 milliards de dollars vers des pays à revenu faible et intermédiaire, soutenant ainsi directement 1,1 milliard de proches. Le rapport « Sending Money Home 2026 » du Fonds international de développement agricole (FIDA), publié le 14 septembre 2026, met en lumière l’ampleur de ces transferts d’argent, qui dépasse désormais les investissements directs étrangers et l’aide publique au développement. Les transferts permettent à une mère au Nigeria de payer la scolarité de ses enfants, à un paysan sénégalais d’acheter des semences, ou encore à une famille égyptienne d’accéder à des soins médicaux.

1,1 milliard de personnes : qui bénéficie de l’argent des migrants

En moyenne, chaque migrant soutient cinq personnes dans son pays d’origine. Majoritairement destinés aux besoins essentiels tels que l’alimentation, le logement, la santé et l’éducation, 60 à 70 % des fonds reçus sont utilisés à ces fins. Le reste est investi dans des activités génératrices de revenus, comme le commerce de détail ou l’agriculture familiale. En Afrique, les transferts ont atteint 124,2 milliards de dollars en 2025, soit une augmentation de 86 % depuis 2016. Ces flux sont plus du double des investissements directs étrangers et représentent 18 % des exportations du continent.

Les femmes et enfants : principaux bénéficiaires des transferts

Les femmes sont les principales bénéficiaires des fonds, assurant la gestion de l’argent pour nourrir les enfants, payer les soins médicaux et garantir la scolarité. En Afrique rurale, les transferts permettent aux mères de maintenir leurs enfants à l’école plutôt que de les envoyer travailler. Les familles recevant régulièrement de l’argent présentent des taux de malnutrition infantile inférieurs de 20 à 30 %, selon des études menées au Sénégal et au Kenya.

Lutte contre la pauvreté et sécurité alimentaire

Les transferts de fonds des migrants agissent comme un stabilisateur économique pour les populations vulnérables. Contrairement aux aides fluctuantes basées sur des priorités diplomatiques, ces envois arrivent régulièrement, souvent chaque mois. Dans certains pays, comme la Gambie, le Liberia ou les Comores, où les remises représentent plus de 20 % du PIB, l’impact sur la sécurité alimentaire est direct. Les familles peuvent acheter de la nourriture même en période de soudure agricole, évitant ainsi les crises de malnutrition aiguë. Selon Le Figaro, les flux augmentent même en période de crise, les migrants envoyant davantage d’argent pour soutenir leurs proches.

Au-delà de la survie : accès à l’éducation et à la santé

Les fonds transférés financent aussi des investissements dans le capital humain. Les foyers bénéficiaires enregistrent une hausse des taux de scolarisation, surtout pour les filles, et une amélioration de l’accès aux soins médicaux. Au Nigeria, deuxième pays africain bénéficiaire avec 22,78 milliards de dollars reçus en 2025, de nombreuses familles ont pu équiper leurs enfants pour l’école ou financer des opérations chirurgicales grâce à ces envois réguliers. Cela contribue à des trajectoires de sortie de pauvreté sur le long terme.

Le Sénégal en exemple : 11 % du PIB, 27 % des exportations

Le Sénégal illustre l’importance des fonds envoyés par les migrants pour l’économie d’un pays en développement. Selon le rapport du FIDA, la diaspora sénégalaise a transféré 3,26 milliards de dollars en 2025, représentant 11 % du PIB et 27 % des exportations nationales. Les familles bénéficiaires reçoivent entre 150 et 200 dollars par mois, ce qui constitue souvent 40 à 50 % de leurs revenus totaux. Dans des régions rurales comme la Casamance ou le Fouta, ces fonds financent la construction de maisons, l’achat de bétail et l’irrigation agricole.

Un modèle de résilience économique et sociale

Le modèle sénégalais montre comment les fonds des migrants structurent l’économie locale. Les commerçants ajustent leurs stocks en fonction des périodes de transferts massifs, tandis que les banques et opérateurs de transfert développent des services spécifiques. Les familles planifient leurs dépenses et investissements autour de ces flux réguliers. Cependant, cette dépendance crée une vulnérabilité : toute perturbation affectant les migrants se répercute immédiatement sur leurs communautés d’origine.

La solidarité diasporique en temps de crise

Le FIDA observe que les transferts augmentent lors des crises, comme les inondations, sécheresses ou conflits armés. En 2025, les pays touchés par des catastrophes climatiques ont connu des hausses de transferts de 15 à 25 % par rapport à l’année précédente. Les migrants puisent dans leur épargne, réduisent leurs dépenses dans les pays d’accueil et multiplient les heures supplémentaires pour envoyer plus d’argent à leurs proches. Ce mécanisme d’assurance informelle fonctionne sans bureaucratie ni délai.

Un filet de sécurité sociale que les États ne peuvent ignorer

Les gouvernements africains réalisent progressivement l’importance stratégique de ces flux. L’Égypte, principal bénéficiaire avec 41,51 milliards de dollars en 2025, a mis en place des politiques pour faciliter les transferts et encourager l’investissement diasporique. Le Maroc, troisième avec 13,65 milliards de dollars, soutient les migrants entrepreneurs. Cependant, la plupart des États sous-exploitent encore ce potentiel, se contentant de capter les flux sans créer les conditions pour un investissement productif durable.

Accessibilité et justice financière

Malgré des progrès, envoyer de l’argent vers l’Afrique reste cher. Le coût moyen d’un transfert de 200 dollars est passé de 9 % en 2016 à 7,2 % en 2025, restant bien au-dessus de l’objectif de 3 % des Nations unies. Sur les 124,2 milliards de dollars reçus par l’Afrique, près de 9 milliards partent en frais de transaction. Plus de 50 % des transferts sont numériques, mais seuls 35 % sont entièrement numériques de bout en bout. Les zones rurales, où vivent les populations les plus vulnérables, sont souvent exclues des circuits financiers modernes, obligeant les bénéficiaires à parcourir de longues distances pour retirer l’argent.

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