Invisible mais bien présent dans notre quotidien, le cadmium suscite de plus en plus d’inquiétudes pour la santé publique. Que dit la recherche ? À la fin du mois de mars, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a tiré la sonnette d’alarme sur l’imprégnation élevée et croissante de ce métal lourd dans la population française. Loin d’être un problème anodin, le cadmium, principalement absorbé par l’alimentation, représente un risque sanitaire important encore trop peu connu.
D’où vient le cadmium et comment on y est exposé
Le cadmium est un métal lourd, mou, brillant et de couleur blanche. On le trouve naturellement en très petites quantités dans les sols, mais il se concentre davantage dans certains engrais phosphatés. Selon l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), ces engrais expliquent 50 % à 70 % des teneurs en cadmium des sols.
Dans l’alimentation, le cadmium contamine une large gamme de produits : algues, champignons, mollusques, cacao en poudre et graines de tournesol. En revanche, les viandes, certains poissons, le miel, les fruits et le lait restent des choix alimentaires relativement sûrs.
Près de 50 % de la population adulte en France dépasse les valeurs toxicologiques de référence pour le cadmium, d’après l’Anses, et les enfants sont aussi concernés. Des études comme EAT3 montrent que 23 % à 27 % des enfants dépassent la dose journalière tolérable. L’étude ESTEBAN indique que 47,6 % des adultes âgés de 18 à 60 ans dépassent les seuils critiques d’exposition.
Ce que ça fait à la santé et comment il est classé
Le cadmium est classé cancérogène. Il s’accumule surtout dans les reins et le foie, et il peut mettre jusqu’à 20 ans pour être éliminé du corps. Cette accumulation peut provoquer des insuffisances rénales, une fragilité osseuse, de l’ostéoporose, des douleurs articulaires, et augmenter le risque de cancers des reins et des poumons. Le tabac constitue une voie d’exposition supplémentaire, ce qui aggrave la situation pour les fumeurs.
Face à cette situation préoccupante, des mesures doivent être prises rapidement. Réduire la teneur en cadmium dans les engrais figure parmi les principaux axes recommandés par les experts. En parallèle, des ajustements alimentaires simples peuvent limiter l’exposition individuelle : remplacer les céréales du petit-déjeuner par des fruits, des produits laitiers et du pain de seigle, et préférer les légumineuses au blé, par exemple.
Que faire et recommandations
Pour diminuer les effets néfastes du cadmium, il est important de surveiller les apports alimentaires et de varier ses sources d’alimentation. En France, Santé publique France, le Plan national nutrition santé (PNNS) et la Plateforme nationale de surveillance sanitaire de la chaîne alimentaire travaillent ensemble pour renforcer la surveillance et sensibiliser la population.
Il est conseillé de limiter la consommation de céréales du petit-déjeuner, gâteaux et biscuits, tout en augmentant la part des légumineuses dans son alimentation. L’agriculture biologique, bien que moins contaminée en moyenne, n’est pas une solution infaillible.







