En 2025, les Français se posent de sérieuses questions sur leur avenir financier une fois à la retraite. Une enquête du Cercle de l’Épargne met en lumière les doutes et hésitations liés au système de retraite actuel. Entre la crainte de toucher une pension trop faible, la complexité de l’épargne et une méfiance grandissante envers le système de cotisation, la retraite devient un sujet brûlant pour de nombreux citoyens. Ce phénomène reflète des inquiétudes économiques tout en illustrant aussi des inégalités sociales et générationnelles.
Avenir financier des retraités
Pour 64 % des Français, la pension ne suffira pas pour bien vivre. Cette appréhension est encore plus prégnante chez les actifs, puisque 72 % d’entre eux partagent ce sentiment. Néanmoins, un petit point positif se dégage chez les retraités eux-mêmes : 56 % d’entre eux disent pouvoir vivre correctement avec leur pension en 2025.
La perception varie selon le niveau de revenu. Pour ceux qui gagnent moins de 1.200 euros par mois, 78 % trouvent leur pension insuffisante. À l’inverse, parmi ceux dont le revenu dépasse les 4.000 euros mensuels, seulement 47 % estiment être dans le même cas. Ces chiffres illustrent bien une fracture économique entre retraités et futurs retraités.
Épargne retraite
Épargner pour la retraite est un sujet qui préoccupe beaucoup, même si seulement 50 % des Français déclarent mettre de l’argent de côté dans ce but. Ce taux est en baisse par rapport à 2019, où 57 % des sondés économisaient pour leurs vieux jours. Plusieurs raisons expliquent cette réticence, notamment des événements perturbateurs comme la pandémie, la guerre en Ukraine ou encore l’inflation persistante.
Les disparités se poursuivent selon le revenu : 62 % des personnes gagnant plus de 4.000 euros par mois épargnent pour leur retraite, contre seulement 40 % de ceux dont le salaire se situe entre 1.200 et 2.000 euros mensuels. De plus, l’âge joue un rôle non négligeable, puisque seulement 39 % estiment qu’il faut commencer à épargner avant 30 ans.
Plan d’épargne retraite (per)
Le Plan d’Épargne Retraite (PER) gagne petit à petit du terrain. Aujourd’hui, 16 % des Français en ont déjà souscrit, tandis que 21 % envisagent de le faire prochainement. Les moins de 35 ans semblent particulièrement intéressés par ce type d’épargne.
Cependant, certaines catégories se retrouvent surreprésentées parmi les souscripteurs actuels du PER : on pense notamment aux cadres, aux travailleurs indépendants et aux personnes aux revenus élevés. Paradoxalement, une large majorité – 63 % – ne souhaite pas souscrire au PER, souvent en invoquant un manque de moyens ou une méfiance vis-à-vis de ces dispositifs d’aide sociale.
Perception du système de cotisation
Le sentiment général vis-à-vis du système actuel est plutôt négatif : environ 60 % des personnes interrogées considèrent qu’elles cotisent bien plus qu’elles ne percevront une fois à la retraite, ce qui contribue à un déficit persistant.
Face à ces préoccupations, un point de convergence apparaît : la lutte contre la fraude sociale est approuvée par près de 70 % des sondés comme une solution pour améliorer le système.
Adaptation nécessaire
Aujourd’hui, les Français se retrouvent avec un sentiment d’insécurité concernant leur avenir financier à la retraite, accentué par des inégalités liées au revenu, à l’âge et au statut professionnel. L’épargne, perçue comme un filet de sécurité indispensable (même si pour beaucoup elle reste difficile d’accès), semble être la clé pour pouvoir mieux préparer sa retraite.
Il devient urgent que les pouvoirs publics et les acteurs du secteur repensent leurs stratégies pour adapter leurs solutions aux attentes variées des citoyens, qui attendent de pouvoir envisager leur vie post-travail avec un peu plus de sérénité, peut-être à travers un système mixte.



