Alors que l’usage du téléphone est déjà sanctionné par le Code de la route, la préfecture du Pas-de-Calais a décidé d’aller plus loin en autorisant une suspension administrative du permis de conduire pour les automobilistes contrôlés en infraction, selon France Bleu, le 13 février 2026.
Téléphone au volant : du simple retrait de points à la suspension administrative
En France, le téléphone tenu en main au volant est interdit depuis plusieurs années. Selon la Sécurité routière, « l’utilisation d’un téléphone portable tenu en main est sanctionnée d’une amende forfaitaire de 135 € et d’un retrait de 3 points sur le permis de conduire ». Ainsi, chaque téléphone manipulé en circulation expose à une contravention immédiate, assortie d’un retrait de points. Cependant, dans le Pas-de-Calais, le téléphone au volant pourra désormais entraîner une mesure plus lourde.
D’après France Bleu, le 13 février 2026, le préfet a décidé que l’usage du téléphone en voiture pourra conduire à une suspension administrative du permis pour une durée de deux mois. Pour certaines infractions, les conducteurs professionnels s’exposent à une suspension du permis dont la durée est portée au double.
L’exemple des Landes : le téléphone au volant sous expérimentation renforcée
Le Pas-de-Calais n’est pas un cas isolé. Dans les Landes, une expérimentation est en cours depuis l’automne 2025. Afin de provoquer un électrochoc et d’accélérer l’évolution des comportements, le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, a choisi de durcir le dispositif répressif en envisageant une sanction renforcée, déjà mise en œuvre dans le département des Landes. Dans ce département, la pression est montée progressivement.
Près de 500 000 contraventions pour téléphone au volant sont dressées chaque année en France. Par ailleurs, Roole Média indiquait le 16 janvier 2026 que près de 3 200 verbalisations pour usage du téléphone au volant avaient été relevées dans les Landes depuis le début de l’année 2025. Ces chiffres traduisent la persistance du téléphone comme facteur d’inattention majeur, malgré les campagnes de prévention.
Téléphone au volant : une réponse préfectorale face à un “cancer de la sécurité routière”
La fermeté du ton employé par les autorités illustre l’enjeu. L’usage du téléphone au volant est, de plus en plus, présenté comme un « cancer de la sécurité routière », peut-on lire sur RMC. Cette qualification, reprise dans le débat public, souligne la gravité accordée à ce comportement. Que ce soit pour envoyer un sms, changer de musique ou répondre à un appel, le téléphone est devenu un véritable danger. En témoigne les 419 personnes qui ont perdu la vie à cause de l’usage du téléphone au volant en 2024.
En Charente-Maritime également, utiliser son téléphone au volant pourrait entraîner une suspension du permis de conduire, confirmant une tendance à l’extension de ces dispositifs préfectoraux. Dans ce contexte, le téléphone au volant cristallise une stratégie de fermeté territoriale. Les préfets disposent d’un pouvoir de suspension administrative, et ils l’activent désormais face à un comportement jugé trop fréquent. Entre l’amende de 135 euros, le retrait de trois points et, désormais, la suspension de deux mois dans certains départements, le téléphone devient l’un des risques les plus sévèrement traités en matière de circulation routière. Les conducteurs sont donc confrontés à une évolution nette, le téléphone au volant ne relève plus d’une simple infraction sanctionnée par un procès-verbal, mais peut entraîner une véritable mise à l’écart temporaire de la route.


