« Je préfère rester chez moi » : la psychologie explique pourquoi cette phrase n’est pas un aveu de faiblesse mais un signe de maturité émotionnelle

Et si rester seul chez soi n’était pas un repli, mais un vrai choix de bien-être ? Une étude révèle pourquoi la solitude choisie change tout, contrairement à celle qu’on subit.

Publié le
Lecture : 2 min
« Je préfère rester chez moi » : la psychologie explique pourquoi cette phrase n'est pas un aveu de faiblesse mais un signe de maturité émotionnelle
« Je préfère rester chez moi » : la psychologie explique pourquoi cette phrase n’est pas un aveu de faiblesse mais un signe de maturité émotionnelle © Social Mag

Passer plus de temps seul chez soi peut être bénéfique, à une condition : que ce choix vienne de la personne elle-même. C’est la conclusion d’une étude publiée en 2023 dans la revue Nature, qui montre que le temps passé seul au quotidien produit des effets à la fois positifs et négatifs sur le bien-être.

Le facteur qui fait basculer d’un côté ou de l’autre, selon les chercheurs, c’est le caractère choisi ou subi de cette solitude.

Le constat part d’une situation que beaucoup reconnaîtront. Une personne qui menait autrefois une vie sociale dense, sorties tardives, voyages, week-ends entre amis ou en famille, ressent peu à peu le besoin de ralentir et de rester davantage chez elle.

L’entourage y voit parfois une forme de rejet, voire un isolement inquiétant. Ce comportement serait pourtant plus répandu qu’on ne le pense, et répondrait à un besoin plus profond que ce qu’on y projette de l’extérieur.

Aucun équilibre universel entre solitude et vie sociale

Les chercheurs à l’origine de l’étude publiée dans Nature n’ont identifié aucun équilibre optimal universel entre solitude et interactions sociales. Les données montrent des effets linéaires : les participants se sentent plus seuls et moins satisfaits les jours où ils passent davantage d’heures sans compagnie. Mais ces effets négatifs s’annulent, ou s’atténuent nettement, lorsque la solitude quotidienne est choisie et qu’elle ne s’accumule pas d’un jour sur l’autre.

Autre enseignement de l’étude : les personnes qui passent globalement plus de temps seules ne se déclarent pas, dans l’ensemble, plus seules que les autres. Les jours où elles s’isolent davantage, elles rapportent même moins de stress et une satisfaction plus forte liée à leur autonomie. La solitude, dans ces conditions, agit comme un facteur de bien-être plutôt que comme un signal de détresse.

D’autres recherches ont par ailleurs montré que la solitude pouvait réduire considérablement le niveau de stress au quotidien. Ces travaux ont toutefois leurs limites : la capacité à rester seul, et la possibilité d’en tirer un bénéfice réel, dépendent largement de la personnalité de chacun. Certains apprécient naturellement la solitude, quand d’autres la vivent comme un exercice difficile.

Une étude menée en 2021 sur les effets du confinement montre que la personnalité joue un rôle majeur dans la manière dont on accueille la solitude. Les personnes qui appréciaient davantage la solitude et se montraient émotionnellement stables ressentaient moins d’isolement durant cette période. À l’inverse, celles qui supportaient mal le fait de rester seules ont vu leur niveau de stress et d’anxiété augmenter.

Pris ensemble, ces résultats dessinent une distinction simple mais utile : préférer rester chez soi plutôt que sortir ne traduit pas nécessairement un glissement vers l’isolement ou un quotidien dépressif. Ces personnes prennent du temps pour elles parce qu’elles en éprouvent le besoin, pas parce qu’elles fuient les autres.

Pour d’autres, en revanche, rester seul reste difficile à vivre. La solitude n’est bénéfique que lorsqu’elle est choisie, jamais lorsqu’elle est subie.

Suivez-nous sur Google NewsSoutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités.

Laisser un commentaire

Share to...