En janvier 2026, de nombreux retraités affiliés au régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco ont constaté des fluctuations de leurs pensions, ce qui a suscité des questions et des inquiétudes. Avec près de 13 millions de bénéficiaires concernés, la situation mérite qu’on l’explique clairement. Il est utile de comprendre les mécanismes qui provoquent ces variations pour éviter les mauvaises surprises et mieux anticiper son budget personnel.
Pourquoi la retraite complémentaire peut varier
Contrairement aux idées reçues, le montant brut de la retraite complémentaire Agirc-Arrco est « figé » et ne peut pas diminuer. En revanche, des changements dans les prélèvements sociaux et fiscaux, comme l’impôt à la source ou les taux de Contribution Sociale Généralisée (CSG), peuvent faire varier la somme nette perçue. Une baisse du montant net en janvier 2026 peut donc s’expliquer par l’une de ces raisons.
Quand le taux d’impôt à la source change
Une première explication possible d’une diminution de la pension nette est un ajustement du taux d’impôt à la source. Si un retraité a demandé une actualisation de son taux en 2025 et ne l’a pas mise à jour pour 2026, il est probable qu’il voie sa pension nette diminuer. Cette situation reste moins fréquente, mais elle rappelle l’intérêt de vérifier régulièrement son taux d’imposition pour éviter des désagréments inattendus.
La CSG qui change selon votre revenu fiscal
La cause la plus probable de cette baisse est la mise à jour annuelle du taux de CSG, rapporte Moneyvox. L’administration fiscale transmet chaque année à l’Agirc-Arrco et à l’Assurance retraite les taux applicables en fonction du revenu fiscal de référence (RFR), du nombre de parts et du lieu de résidence. Selon les revenus déclarés en 2025 (pour l’année 2024), un retraité peut basculer dans une tranche de CSG supérieure, ce qui réduit la pension nette perçue. À l’inverse, une baisse de taux augmente la pension nette.
Les seuils des prélèvements sociaux et ce que ça change
En 2026, les seuils pour l’application de la CSG ont été revalorisés de 1,8 %, ce qui pourrait être influencé par une revalorisation des retraites. Pour une personne seule :
- le taux réduit de 3,8 % s’applique jusqu’à 13 048 € de RFR,
- le taux médian de 6,6 % jusqu’à 17 057 €,
- le taux normal de 8,3 % au-delà de 26 472 €.
Pour un couple, ces seuils sont respectivement 20 016 €, 26 167 € et 40 604 €. En plus de la CSG, une CRDS de 0,5 % et une CASA de 0,3 % viennent compléter ces prélèvements.
Le dispositif de lissage, en place depuis 2019 (mécanisme qui atténue les transitions brutales entre tranches), vise à limiter les effets des sauts de tranche. Pour en bénéficier, il faut toutefois rester deux années consécutives dans la même tranche. En revanche, si un retraité passe directement de 6,6 % à 8,3 % en 2026, cette hausse est appliquée immédiatement.





