La question des retraites fait beaucoup parler d’elle en France. Actuellement, l’âge légal est fixé à 64 ans et devrait s’appliquer dès 2030. Pourtant, un rapport préliminaire du Conseil d’orientation des retraites a fuité récemment et laisse entendre que l’âge pourrait grimper progressivement jusqu’à 66,5 ans en 2070.
Des chiffres qui inquiètent
D’après les prévisions financières du COR, le système de retraite semble mal en point. En 2024, un déficit de 1,7 milliard d’euros – soit 0,1% du PIB – est prévu. Ce trou budgétaire pourrait atteindre 6,6 milliards d’euros en 2030, équivalant à 0,2% du PIB. Sur le long terme, il est estimé à 1,4% du PIB en 2070, ce qui dépasse largement l’estimation précédente de 0,8%.
Parallèlement, les dépenses allouées aux retraites devraient passer de 13,9% du PIB en 2024 à 14,2% en 2070. Pendant ce temps, les recettes baisseraient de 13,9% à 12,8% du PIB sur la même période.
Des solutions envisagées
Face à ces difficultés financières et démographiques, plusieurs pistes sont avancées par le COR. On parle par exemple de ralentir la progression des pensions ou d’instaurer un prélèvement ciblé sur les retraités ayant les revenus les plus élevés. Une hausse des cotisations patronales est également envisagée.
Le COR suggère aussi un relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite. Selon ces propositions, il passerait à 64,3 ans en 2030, à 65,9 ans en 2045, pour atteindre 66,5 ans en 2070.
Réactions et polémiques
La fuite du rapport préliminaire n’est pas passée inaperçue et a déclenché de vives réactions. La CGT a dénoncé un document « totalement orienté » et a pointé du doigt Gilbert Cette, président du COR, qu’elle accuse d’être « en mission commandée » par l’Élysée.
Sophie Binet n’a pas tari d’éloges pour exprimer son mécontentement : « Le COR privilégie une orientation plutôt qu’une autre, ce n’est pas son rôle ». Elle a en plus insisté sur le fait que « la CGT entend bien modifier [le rapport] parce que sa synthèse […] n’est pas acceptable ».
Un panorama européen diversifié
Au niveau européen, chaque pays gère ses retraites à sa manière, mais la France ne fait pas exception face au vieillissement de la population. Par exemple, le Danemark prévoit que l’âge de départ sera fixé à 70 ans d’ici 2040. On constate aussi que plusieurs pays européens ont fixé l’âge légal minimum à la retraite à 65 ans.
L’évolution prévue en France rejoint donc, de près ou de loin, celle de certains pays européens, même si les modalités restent l’objet de débats intenses quant à leurs conséquences sociales.


