Pour les nombreux travailleurs frontaliers qui travaillent en Suisse mais vivent en France, la question de la retraite se pose avec acuité. « Vous travaillez en Suisse mais vivez en France ? » Avouons-le, gérer ce double régime, ce n’est pas simple. Entre l’âge légal de départ, les règles de cumul des pensions et la complexité du système à trois piliers côté suisse, mieux vaut s’y prendre tôt.
Comment marche la retraite en Suisse
Le système suisse de retraite repose sur trois piliers complémentaires, explique le magazine spécialisé Pleine Vie. Le premier pilier, ou AVS (Assurance Vieillesse et Survivants), instauré en 1946, est obligatoire et fonctionne par répartition (les cotisations des actifs financent les pensions des retraités). Toute personne travaillant en Suisse dès l’âge de 17 ans y est affiliée, et une seule année de cotisation suffit pour prétendre à une pension.
Le deuxième pilier, ou LPP (Prévoyance professionnelle), mis en place en 1985, vise à maintenir le niveau de vie grâce à un système de capitalisation. Il est obligatoire pour les salariés gagnant plus de 19 789,20 € par an (seuil de 2021). Cette prestation est souvent transformée en rente, ou versée en capital selon les modalités du contrat définies par l’employeur.
Enfin, le troisième pilier correspond à une épargne retraite privée. Le pilier 3a est réservé aux travailleurs cotisant aux deux premiers piliers. Les fonds ne peuvent être retirés que dans certaines circonstances comme l’achat immobilier, le départ de Suisse ou l’activité indépendante, avec une fiscalité de retrait oscillant entre 5 % et 7 % selon les cantons. Le pilier 3b, plus souple, n’impose pas de cotisation préalable et permet des retraits libres, bien qu’ils doivent être déclarés en France.
À quel âge on part à la retraite (Suisse et France)
En Suisse, l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 65 ans pour les hommes et 64 ans pour les femmes. Un départ anticipé reste possible, mais il entraîne une décote de 6,8 % par an.
En France, après la réforme de 2023, l’âge légal est désormais 64 ans, même si certaines situations permettent de partir plus tôt (carrière longue, handicap ou pénibilité du travail). Pour obtenir le taux plein, il faut valider un nombre minimum de trimestres, lequel varie selon l’année de naissance.






