Changer de sel de table paraît simple. Pourtant, le sel enrichi en potassium, mis en lumière par une étude publiée le 4 novembre 2026, demande quelques précautions. Ce produit remplace une partie du chlorure de sodium habituel par du chlorure de potassium. L’objectif est de diminuer l’apport en sodium sans renoncer complètement au goût salé.
Dans une étude publiée dans Nature Health, des chercheurs ont modélisé plusieurs scénarios de substitution dans 193 pays. Le scénario maximal aboutit à une estimation de 2,96 millions de décès potentiellement évitables chaque année. Il s’agit d’une projection théorique à grande échelle, et non d’un nombre de vies déjà sauvées ou d’un bénéfice garanti pour chaque personne.
Regarder la composition, pas seulement la mention « moins de sel »
Le chlorure de potassium peut remplacer une partie du chlorure de sodium dans certains produits. Pour le consommateur, la première vérification consiste donc à lire la composition et les indications figurant sur l’emballage. Deux substituts vendus comme réduits en sodium ne contiennent pas nécessairement les mêmes proportions de potassium.
Ce changement ne règle pas à lui seul la question du sel dans l’alimentation. Les plats préparés, charcuteries, sauces et autres produits transformés peuvent contribuer largement à l’apport quotidien de sodium. Réduire leur consommation et cuisiner avec moins de sel restent des gestes importants, comme le rappelle l’Organisation mondiale de la santé.
Un produit déconseillé dans certaines situations
Le potassium est indispensable à l’organisme, mais un excès dans le sang peut devenir dangereux. Les personnes présentant une insuffisance rénale, ainsi que celles prenant certains médicaments susceptibles d’augmenter la kaliémie, doivent demander conseil à un professionnel de santé avant d’utiliser ces substituts. La composition d’un produit ne suffit pas à déterminer sa sécurité dans une situation médicale individuelle.
Les recommandations de l’OMS publiées en 2025 encadrent l’utilisation des substituts à faible teneur en sodium. Elles ne s’adressent pas indistinctement aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes dont l’élimination du potassium peut être altérée. Le bon réflexe est donc de ne pas remplacer automatiquement le sel de toute la famille par le même produit.
Pour les autres adultes, l’intérêt potentiel est lié à une diminution de l’exposition au sodium, facteur de risque d’hypertension artérielle. Mais le scénario de remplacement intégral étudié par les chercheurs suppose une transformation de l’offre alimentaire bien plus large qu’un simple changement de salière à la maison.
La nouveauté de l’étude est de mesurer ce que pourrait apporter une adoption massive dans plusieurs catégories d’aliments et dans de nombreux pays. Dans les rayons, la décision reste beaucoup plus concrète : comparer les étiquettes, limiter globalement le sel et solliciter un avis médical lorsque son état de santé ou ses traitements le justifient.

