Remplacer du lait, du yaourt ou du fromage par des alternatives végétales ne garantit pas un apport nutritionnel équivalent. Une étude de chercheurs de l’université de Surrey et de Queen’s University Belfast, publiée dans The Lancet Planetary Health et présentée le 4 novembre, attire l’attention sur l’iode, mais aussi sur le calcium et certaines vitamines.
Les chercheurs ont examiné 289 références vendues au Royaume-Uni : 146 boissons végétales, 76 alternatives aux yaourts et 67 aux fromages. Selon la présentation de l’étude par l’université de Surrey, 61 % des produits étaient enrichis en calcium et 46 % en vitamine B12. En revanche, seulement 19 % contenaient de la riboflavine ajoutée et 12 % de l’iode ajouté.
Pourquoi l’iode mérite une attention particulière
L’iode contribue à la production des hormones thyroïdiennes, importantes pour le métabolisme et le développement du cerveau. Dans l’alimentation britannique, les produits laitiers en constituent une source significative. Leur remplacement par des produits non enrichis peut donc réduire les apports, même si le reste de l’alimentation demeure déterminant.
Les scientifiques ont simulé plusieurs scénarios de substitution. Lorsque 20 à 35 % des produits laitiers sont remplacés par des alternatives végétales aux niveaux d’enrichissement actuellement observés, la proportion modélisée d’adolescentes ayant un apport insuffisant en iode passe de 54 % à 65 %. Chez les femmes de 19 à 49 ans, elle passe de 32 % à 42 %.
Ces pourcentages proviennent d’une modélisation nutritionnelle, pas du suivi de personnes devenues malades après avoir changé de régime alimentaire. Ils ne doivent pas être appliqués directement aux consommateurs français, dont les habitudes et les produits disponibles peuvent différer.
Ce qu’il faut regarder sur l’étiquette
Pour les familles qui choisissent des boissons à base d’avoine, de soja ou d’amande, le premier réflexe consiste à examiner la liste des nutriments ajoutés. La présence de calcium ou de vitamine B12 ne signifie pas nécessairement que le produit contient également de l’iode.
Le compte rendu de l’étude publié par The Guardian souligne que certains fabricants enrichissent déjà leurs gammes, mais que les pratiques varient. Les auteurs proposent d’envisager un enrichissement plus systématique, notamment en iode.
Un régime végétal équilibré peut couvrir les besoins nutritionnels, mais il suppose de tenir compte de l’ensemble des sources alimentaires. Les œufs et certains poissons apportent de l’iode pour les personnes qui en consomment. Les compléments à base d’algues ne constituent pas automatiquement une solution sûre, leur teneur pouvant être très variable.
Cette recherche porte sur le marché britannique et ne constitue pas une nouvelle réglementation française. Elle apporte surtout un critère concret pour comparer les produits : au-delà de leur composition végétale, leur enrichissement nutritionnel peut faire une différence importante.
