Surcote parentale : beaucoup de mères pensent y avoir droit, mais les conditions excluent une majorité d’entre elles sans qu’elles le sachent

La réforme des retraites de 2023 propose une surcote parentale innovante, mais attention : 50 000 à 80 000 personnes pourraient ne pas en profiter.

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Surcote parentale : beaucoup de mères pensent y avoir droit, mais les conditions excluent une majorité d'entre elles sans qu'elles le sachent
Surcote parentale : beaucoup de mères pensent y avoir droit, mais les conditions excluent une majorité d’entre elles sans qu’elles le sachent © Social Mag

Depuis 2023, la France applique une nouvelle mesure de retraite : la « surcote parentale ». Elle offre un avantage financier aux parents, et surtout aux mères, qui continuent à travailler après avoir validé tous leurs trimestres pour le taux plein. Des conditions strictes et des exclusions liées aux générations encadrent toutefois ce dispositif. Résultat : beaucoup de personnes ne toucheront pas cette majoration attendue.

Qui est concerné et quelles conditions ?

La surcote parentale vise principalement les mères, même si certains pères peuvent aussi en profiter, explique le magazine Notre Temps. Elle ne s’applique qu’aux personnes nées à partir du 1er avril 1965 et exclut les femmes de la génération 1964, alors même qu’elles avaient été incluses lors du vote initial. Cette exclusion vient du nouvel âge légal de départ : 62 ans et 9 mois pour la génération 1964, contre 63 ans pour les générations suivantes.

Plusieurs critères doivent être remplis pour en bénéficier. Il faut être né après cette date et justifier d’au moins un trimestre de majoration pour responsabilités parentales. Le bénéficiaire doit aussi continuer à travailler après avoir validé tous les trimestres supplémentaires requis pour le taux plein, avant d’atteindre l’âge légal de la retraite. La mesure récompense donc la poursuite d’activité au-delà des obligations d’assurance classiques, plus que la parentalité en elle-même.

Comment se calcule la surcote et ce que ça rapporte

La surcote parentale se calcule ainsi : 1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé, dans la limite de 4 trimestres. Au maximum, cela représente donc 5 % de la pension de base, appliqué au moment de la liquidation.

Pour prendre un exemple concret : sur une pension mensuelle de 1 800 €, une surcote maximale de 5 % donne un supplément de 90 € par mois, soit environ 1 080 € par an. Sur 20 ans, ce bonus peut dépasser 21 600 €, de quoi représenter un vrai coup de pouce pour les futures retraitées.

La surcote parentale peut se cumuler avec d’autres majorations, comme la majoration de 10 % pour les parents de trois enfants, ainsi qu’avec les droits acquis pendant les congés parentaux. Elle est aussi cumulable avec la surcote classique, qui offre elle aussi 1,25 % par trimestre travaillé au-delà de l’âge légal, sans plafond dans le temps.

Les débats et ce qu’on peut prévoir

La mesure reste contestée, notamment en raison de son champ d’application restreint. L’Assurance retraite estime qu’entre 50 000 et 80 000 personnes pourraient en être exclues, ce qui soulève des questions sociales et politiques. En juin 2026, un sénateur a interpellé le gouvernement sur le sort des femmes nées en 1964, signe que le mécontentement persiste. Plus largement, le dossier interroge l’équité du système de retraite, d’autant que les inégalités femmes-hommes restent très marquées.

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