Le 15 octobre 2026, dans un TGV reliant Aix-en-Provence à Paris, une jeune femme se présente au wagon-bar avec son bébé de huit ou neuf mois dans les bras. Les voyageurs présents dans la file d’attente la laissent passer. Elle demande simplement de l’eau chaude pour préparer le biberon de son enfant.
Le serveur lui annonce alors un prix de 3,40 euros. La mère, surprise, finit par régler la somme avec son téléphone tout en tenant son nourrisson. Elle repart avec son verre d’eau chaude et un sachet de thé dont elle n’a pas besoin.
La scène est racontée par Olivier Marpeau, chirurgien gynécologue connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme Mon Gynéco. Présent dans le train avec son épouse, il assure avoir d’abord pensé à une plaisanterie. Son témoignage publié le 25 octobre est ensuite largement relayé, notamment dans Le Parisien du 2 novembre.
La SNCF explique pourquoi la mère a dû payer
Face à l’indignation, la SNCF a apporté des explications. Interrogée par Le Parisien, elle rappelle que la restauration est assurée par son prestataire Newrest Wagons-Lits, soumis à des règles de sécurité alimentaire.
Les employés ne sont pas autorisés à préparer des produits alimentaires extérieurs à ceux commercialisés à bord. Une exception existe néanmoins pour les biberons déjà préparés et les repas destinés aux enfants de moins de trois ans, qui peuvent être réchauffés sans manipulation de leur contenu.
La SNCF précise également que l’eau utilisée au Bistro provient de bouteilles de service disponibles en quantités limitées. Le personnel ne peut donc pas, selon la compagnie, fournir gratuitement de l’eau chaude pour préparer un biberon.
Le montant demandé correspondait finalement au prix d’un thé vendu à bord.
Cette distinction risque pourtant de surprendre les parents. Sur son site officiel, la SNCF indique bien que les baristas peuvent réchauffer les biberons et les plats pour bébés jusqu’à trois ans. Mais obtenir l’eau chaude nécessaire pour préparer soi-même le repas de son enfant relève d’une autre règle.
Une histoire qui dépasse les 3,40 euros
Pour Olivier Marpeau, cette scène illustre surtout les difficultés auxquelles les jeunes parents, et particulièrement les mères, se heurtent dans les lieux publics.
Son témoignage a suscité des réactions contrastées. Certains internautes estiment que la mère aurait dû anticiper les besoins de son enfant. D’autres racontent leurs propres expériences dans les transports, entre poussettes encombrantes, difficultés pour nourrir un bébé et crainte de déranger les autres passagers.
Le médecin y voit une contradiction entre les discours encourageant les naissances et les obstacles rencontrés quotidiennement par les familles. Les préoccupations liées à la parentalité dépassent pourtant largement les petits incidents du quotidien : une enquête Ipsos pour le CESE sur la natalité rappelle notamment l’importance du coût de la vie, de la garde des enfants et de l’organisation familiale.
Une évolution est toutefois annoncée dans les TGV Nouvelle Génération, dont le déploiement doit commencer en novembre 2026. Selon TF1 Info, des micro-ondes accessibles gratuitement permettront aux parents de réchauffer eux-mêmes les biberons et les repas de leurs enfants.
Cette possibilité concernera les nouvelles rames. Pour les autres trains, les parents devront encore composer avec les modalités du service de restauration à bord.