Le projet de budget italien pour 2027 prévoit de modifier la manière dont certaines pensions sont revalorisées pour tenir compte de l’inflation. Les retraites les plus élevées bénéficieraient d’une augmentation proportionnellement plus faible que les pensions modestes, selon les éléments de la relation technique rapportés le 31 octobre par l’agence italienne ANSA.
Le mécanisme envisagé réserverait la compensation intégrale de l’inflation aux pensions ne dépassant pas quatre fois le minimum de référence de l’INPS, l’organisme italien de sécurité sociale. Au-delà, le taux de revalorisation diminuerait progressivement, jusqu’à une part de 32 % de l’indice pour les montants les plus élevés, supérieurs à dix fois le minimum.
Des économies chiffrées sur dix ans
La documentation budgétaire évoquée par ANSA estime à 14,2 milliards d’euros les économies brutes cumulées sur dix ans, jusqu’en 2036, et à environ 8,5 milliards les économies après prise en compte des effets fiscaux. Ces montants sont des projections associées à un projet de loi, et non des économies déjà réalisées.
Le changement ne signifierait pas une baisse nominale automatique des pensions. Il limiterait plutôt leur progression en période d’inflation. Pour un retraité concerné, la différence serait visible dans l’augmentation annuelle de son versement, avec un effet potentiel sur son pouvoir d’achat si les prix continuent de monter.
Le seuil de quatre fois le minimum correspond, sur la base du minimum de 611,85 euros cité dans les informations budgétaires, à environ 2 447 euros mensuels. Les paramètres exacts devront néanmoins être appréciés à partir du texte finalement adopté et des indices de revalorisation applicables.
Une proposition italienne, pas une nouvelle règle française
Le projet illustre un arbitrage budgétaire classique : préserver davantage les petites pensions tout en ralentissant la croissance de la dépense publique liée aux retraites plus importantes. Les modalités italiennes ne sont pas transposables automatiquement au système français, qui possède ses propres règles de revalorisation et ses propres décisions budgétaires.
Le gouvernement italien a présenté sa stratégie budgétaire pour 2027 à la fin d’octobre, dans un contexte de tensions sur les finances publiques. Reuters décrit un projet associant mesures fiscales, dépenses nouvelles et recherche de recettes supplémentaires.
Pour les retraités italiens, l’enjeu immédiat reste le débat parlementaire : le projet peut encore être amendé avant l’adoption du budget. La revalorisation effective dépendra également des paramètres d’inflation retenus pour 2027.