Une nouvelle vague de Covid-19 touche actuellement la France. Selon les informations publiées le mercredi 30 septembre 2026, elle devrait continuer à prendre de l’ampleur dans les prochaines semaines. « Nous sommes dans une phase ascendante de l’arrivée d’une nouvelle vague de Covid qui a démarré en France vers le milieu du mois d’août », explique l’épidémiologiste Antoine Flahault, professeur à l’université Paris Cité et professeur honoraire de l’université de Genève, dans un entretien accordé à actu.fr.
Cette progression devrait se poursuivre plusieurs semaines et s’étirer jusqu’en décembre très probablement, précise Antoine Flahault. Les niveaux actuels de contamination sont « très proches des niveaux de l’an dernier à pareille époque », mais l’épidémiologiste met en garde contre toute comparaison prématurée : « Tant que le pic n’est pas atteint, on ne peut pas facilement comparer la vague épidémique actuelle à celles des années précédentes. »
Des indicateurs en hausse, une tendance confirmée en Île-de-France
Selon les données de Santé publique France publiées le 30 septembre, la concentration du virus dans les eaux usées, mesurée sur 54 stations de traitement réparties sur le territoire, est en légère hausse par rapport à la semaine précédente. SOS Médecins a enregistré 173 actes supplémentaires pour suspicion de Covid-19 durant la semaine du 21 au 27 septembre, soit une progression de 19 %.
Dans le réseau OSCUR, les passages aux urgences pour suspicion de Covid chez les adultes ont bondi de 22 %, soit 114 passages de plus d’une semaine à l’autre.
La situation est particulièrement nette en Île-de-France, où vivent plus de 12 millions de personnes. Le bulletin régional de Santé publique France du 23 septembre confirmait une forte tendance à la hausse de la circulation du virus dans les eaux usées, atteignant un niveau jamais observé depuis octobre 2024.
Le bulletin national, publié le même jour, enregistrait sur la même semaine une hausse de 67 % des passages aux urgences chez les adultes et de 76 % des actes SOS Médecins, tous âges confondus. Santé publique France précise toutefois que ces hausses restent comparables à celles observées sur la même période les années précédentes.
Une menace limitée pour la majorité, mais la vigilance reste de mise pour les plus fragiles
Pour la grande majorité de la population, le tableau clinique reste modéré. « Le Covid semble un simple syndrome grippal qui peut souvent nécessiter un arrêt de travail de deux ou trois jours, mais sans plus de conséquences », résume Antoine Flahault.
Le principal risque, pour les personnes jeunes et en bonne santé, reste le Covid long : les conséquences des infections répétées sont encore mal connues, mais pourraient « impacter à terme notre capital cognitif et notre santé cardiovasculaire », selon l’épidémiologiste.
Chez les personnes âgées, immunodéprimées ou les femmes enceintes, les complications restent rares mais potentiellement graves : perte du fœtus ou détresse respiratoire aiguë pouvant nécessiter une hospitalisation.
Pour l’infectiologue Benjamin Davido, de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, dans les Hauts-de-Seine, ce regain automnal n’a rien d’exceptionnel. Dans un entretien accordé à TF1 le 25 septembre, il observe que le virus semble se saisonnaliser : « Avant la pandémie de Covid-19, le début de l’automne […] était déjà la période faste de la famille des coronavirus. »
Il y voit une menace faible, tout en rappelant que la vaccination reste fortement recommandée pour les personnes à risque.
La transmission se fait, comme pour la grippe, par microgouttelettes dans les espaces mal ventilés : écoles, hôpitaux, Ehpad, prisons et transports en commun. En cas de symptômes grippaux, mieux vaut rester chez soi et porter un masque FFP2, notamment plus de la moitié du temps passé avec les autres membres du foyer.
La campagne de vaccination contre le Covid-19 débutera le 13 octobre 2026, en même temps que celle contre la grippe. Elle cible les personnes à risque de formes graves, les professionnels de santé et les personnes en contact régulier avec des sujets vulnérables.
Cette campagne marque aussi la première année de déploiement de l’obligation vaccinale antigrippale pour les professionnels concernés, même si le cadre rendant cette obligation pleinement opposable n’entrera en vigueur qu’à l’issue de travaux réglementaires attendus d’ici la fin du premier trimestre 2027.
L’an dernier, la couverture vaccinale n’atteignait que 49,6 % chez les personnes à risque ciblées, loin de l’objectif de 75 % fixé par les autorités sanitaires.





