Dans une situation économique difficile, François Bayrou, ancien Premier ministre, a récemment dévoilé un plan d’économies budgétaires visant à remettre de l’ordre dans les comptes de l’État. L’idée ? Un effort collectif qui passe par une refonte de l’abattement fiscal appliqué aux pensions de retraite. Les modifications envisagées pourraient se traduire différemment selon le niveau de revenus de chacun.
Modification de l’abattement fiscal : ce qui change pour les retraités
Bayrou propose de remplacer l’actuel abattement de 10 % sur les pensions de retraite – qui coûte environ 4,5 milliards d’euros par an – par une déduction forfaitaire de 2 000 € par personne. Cette mesure concernerait approximativement 17 millions de retraités en France.
L’idée, c’est d’alléger la charge fiscale pour ceux qui perçoivent de petites pensions, tout en réduisant l’avantage fiscal pour les revenus plus élevés. Ainsi, un retraité qui gagne moins de 20 000 € par an ne verrait pas son imposition augmenter, voire pourrait même bénéficier d’une légère baisse. Par contre, pour ceux dont les revenus dépassent ce seuil, la nouvelle règle serait moins favorable.
D’après l’Institut des politiques publiques
L’Institut des politiques publiques a étudié la réforme et indique que le point d’équilibre se situe autour de 20 000 € annuels pour une personne seule. Par exemple, si un retraité gagne 40 000 € par an, son revenu imposable passerait de 36 000 € (avec l’abattement actuel) à 38 000 € avec la nouvelle déduction forfaitaire. Concrètement, cela représenterait environ 600 € de plus en impôts pour quelqu’un placé dans une tranche marginale de 30 %.
Pour les couples, tant que le revenu cumulé reste inférieur ou égal à 40 000 €, la mesure devrait, voire, être neutre voire favorable. Au-delà de ce montant, l’arrêt de l’abattement proportionnel se traduirait par une hausse des impôts.
Sauvegarder les retraités modestes
Un point important de cette réforme, c’est qu’elle ne toucherait pas les retraités qui ne sont pas imposables. Aujourd’hui, une personne seule est exonérée d’impôt si ses revenus annuels ne dépassent pas 17 436 €. Avec la proposition de François Bayrou, ce plafond serait relevé à 19 500 € – soit environ 1 650 € nets par mois – permettant ainsi aux petites pensions de rester dans le vert, voire d’en tirer un avantage dans certains cas.
En parallèle, plusieurs dispositifs fiscaux continuent de soutenir les retraités aux revenus modestes. On pense notamment aux crédits d’impôt pour la rénovation énergétique, aux déductions fiscales pour l’emploi à domicile, ainsi qu’aux abattements spécifiques offerts après l’âge de 65 ans.
La vision fiscale de Sébastien Lecornu
Depuis que Sébastien Lecornu a succédé à François Bayrou au poste de Premier ministre, une nouvelle orientation fiscale pourrait se profiler. Lecornu souhaite rééquilibrer les charges en demandant une « contribution des riches ». On discute même d’une éventuelle taxation du capital ou d’une adaptation de la « taxe Zucman » pour que les hauts revenus et les grands patrimoines participent un peu plus aux charges publiques.
Cette démarche montre clairement la volonté politique de faire participer tout le monde aux efforts financiers du pays, tout en veillant à protéger ceux qui se trouvent dans une situation plus précaire.
La proposition de François Bayrou pourrait ainsi marquer un tournant dans la fiscalité des retraites en France. En tentant d’allier justice sociale et rééquilibrage des finances publiques face aux défis du vieillissement de la population, cette initiative soulève la question du financement durable des dépenses publiques. Pendant ce temps, Sébastien Lecornu explore d’autres pistes, principalement ciblées sur les hauts revenus, ce qui reflète bien la complexité du débat fiscal actuel.

