Les Français semblent revoir à la hausse leur âge de départ en retraite. Aujourd’hui, plus de la moitié souhaite bosser après 60 ans, une transformation qui s’est opérée au gré des réformes des quinze dernières années. Cette évolution est mise en avant dans le dernier baromètre de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), publié dans le cadre de son rapport annuel sur les retraites.
Un changement dans les attentes
L’idée du moment sur l’âge idéal pour prendre sa retraite a bien changé. En 2000, cet âge était fixé à 54 ans et 10 mois. Dans les débuts des années 2010, il a grimpé pour atteindre 59 ans et 4 mois, puis s’est stabilisé à 60 ans dès 2013. En 2024, il remonte encore pour atteindre 61 ans et 5 mois. Ce déplacement traduit comment la population s’adapte petit à petit aux évolutions socio-économiques.
Désormais, moins de la moitié des personnes non retraitées souhaitent mettre un terme à leur activité avant 60 ans. En effet, seulement 46% affichent ce souhait, tandis que plus de 54% envisagent de partir après cet âge, marquant ainsi une nette progression par rapport aux années passées.
Les réformes qui influencent les aspirations
Les transformations dans la législation des retraites ont joué un rôle de premier plan dans cette évolution. La réforme de 2010 a fait passer l’âge minimum légal d’ouverture des droits de 60 à 62 ans, avant que la réforme de 2023 ne le fasse grimper à 64 ans. Ces ajustements ont naturellement modifié la manière dont les Français perçoivent leur futur départ.
D’après la Drees, ces lois semblent expliquer ce décalage progressif vers une retraite plus tardive : « Les lois de 2010 et 2023 relatives aux réformes des retraites jouent vraisemblablement un rôle dans ce décalage progressif ». Par ailleurs, l’augmentation marquée du nombre de personnes souhaitant partir entre 61 et 64 ans depuis ces réformes confirme clairement cette mutation.
Des perspectives économiques plus mitigées
Même si le départ est repoussé, la situation financière envisagée n’est pas toujours très réjouissante. En moyenne, les Français se voient réellement partir à 65 ans et 2 mois, alors que seulement 5% pensent pouvoir s’échapper du boulot avant 60 ans. Par ailleurs, une grande partie redoute que leur niveau de vie ne soit pas au rendez-vous une fois à la retraite.
Pour être plus précis, 54% des personnes concernées s’attendent à vivre moins bien que le reste de la population après avoir raccroché les gants. Toutefois, cette proportion a baissé de 16 points depuis 2015. Les disparités se font sentir selon les catégories sociales : parmi les 20% les plus modestes, 53% prévoient une qualité de vie en berne, contre seulement 34% chez les plus aisés, reflétant les inégalités entre professions.
Une méthode solide pour un constat net
L’enquête de la Drees, réalisée entre le 14 octobre et le 20 décembre, apporte ces précisions. Menée auprès d’un échantillon représentatif de 4 000 personnes, elle a tenu compte de plusieurs critères comme le sexe, l’âge, la profession, ainsi que la catégorie d’agglomération et la région.
Cette étude montre très clairement comment les réformes législatives influencent non seulement l’âge idéal mais aussi celui que chacun envisage réellement pour sa retraite en France. Elle met aussi en lumière l’attention que les Français portent à leurs conditions économiques futures quand ils organisent la transition vers cette nouvelle étape de vie.
Alors que le débat sur l’avenir du système des retraites continue d’alimenter discussions et réflexions politiques, ces chiffres donnent un aperçu intéressant de l’état d’esprit des Français face à leur futur après la carrière.




