Réforme des retraites : pourquoi 65% des Français veulent revenir à 62 ans

Une étude révèle que 65% des Français souhaitent annuler la réforme des retraites de 2023. Quelles en sont les raisons profondes ? Plongez dans les résultats surprenants qui révèlent des inquiétudes partagées et des attentes claires.

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Les Français et la réforme des retraites : une étude qui met en lumière attentes et inquiétudes
Réforme des retraites : pourquoi 65% des Français veulent revenir à 62 ans © Social Mag

La question de l’âge de départ à la retraite continue de faire couler beaucoup d’encre en France, même un an après la mise en place de la réforme controversée de 2023. Une étude récente, réalisée par l’Ifop pour la CGT et publiée le 14 avril 2025, dévoile ce que pensent vraiment les Français face à ces changements. S’appuyant sur un échantillon représentatif de 2 000 personnes interrogées entre le 2 et le 4 avril 2025, cette enquête nous donne un aperçu précis des attentes sur l’avenir professionnel et la retraite.

Les résultats de l’étude : envie de revenir à 62 ans

D’après cette étude, 65% des Français souhaiteraient revoir l’âge légal de départ fixé à 62 ans. Ce désir se confirme avec un large soutien en faveur d’un référendum sur la réforme des retraites de 2023, qui recueille l’adhésion de 68% des personnes interrogées. En cas de référendum, 65% des sondés voteraient pour annuler la réforme actuelle.

On note aussi que l’appui pour fixer l’âge de départ à 60 ans a chuté, passant de 71% en 2022 à 56% en 2025. Par ailleurs, seulement 34% des répondants préfèrent conserver l’âge actuel de 64 ans, et une petite minorité de 5% serait pour repousser cet âge encore plus loin.

Travailler jusqu’à 64 ans : inquiétudes partagées

Les préoccupations sont bien réelles parmi les actifs, notamment en raison des négociations syndicales en cours. En effet, 50% d’entre eux se sentent inquiets à l’idée de devoir travailler jusqu’à cet âge fixé aujourd’hui. Parmi ces personnes, 54% pensent ne pas être en mesure de continuer à travailler à temps complet jusqu’à 64 ans. Chez les ouvriers, ce sentiment se retrouve chez 66% d’entre eux et 60% des femmes estiment de la même manière.

Du côté des salariés du secteur privé, 43% craignent que leur entreprise ne puisse les maintenir en poste jusqu’à cet âge. Ces chiffres traduisent une méfiance grandissante envers le système de travail et ses capacités à s’adapter aux réformes en vigueur.

Financer les retraites : refuser le modèle financier actuel

Le financement des retraites reste un sujet qui agite les esprits. La confiance dans un système par capitalisation est très faible : seuls 29% des Français y voient du bon. Ce rejet trouve ses racines dans les souvenirs encore présents des pertes subies par des retraités américains indexés sur les marchés financiers (souvent perçus comme des exemples négatifs).

Pour envisager de revenir à une retraite à 62 ans, la majorité prône la taxation des dividendes – 82% – ainsi qu’une augmentation des cotisations patronales, mentionnée par 76% des sondés. Par ailleurs, l’idée d’une égalité salariale entre les femmes et les hommes séduit 86% des participants.

Opinions variées selon les profils

L’étude révèle également que certains groupes sociaux se montrent particulièrement mécontents de la réforme. Les jeunes de moins de 25 ans, par exemple, sont très critiques avec 78% souhaitant l’abroger. Parmi les ouvriers, 83% se prononcent en faveur de l’abrogation et 73% sont pour retrouver un départ à la retraite anticipée.

Du côté des employés, 77% se rallient à cette idée, tout comme 76% de ceux exerçant des métiers physiquement pénibles. Sur le plan politique, les personnes se positionnant à gauche témoignent d’un refus, et ce sentiment est encore plus accentué chez celles de l’extrême droite, avec 83% qui s’y opposent.

Cette enquête met en lumière les tensions qui persistent autour du système actuel ainsi que le désir marqué d’adopter un modèle plus solidaire et équitable (du moins tel que le perçoivent les citoyens). Tandis que le débat politique se poursuit, notamment sous l’impulsion du syndicat CGT, les décideurs politiques ont tout intérêt à être à l’écoute de ces voix qui s’élèvent face à une réforme considérée injuste par une large majorité.

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