La question des arrêts de travail s’impose au cœur du débat public. Intervenant sur Sud Radio, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a confirmé la préparation de nouvelles mesures visant à encadrer ces dispositifs. En toile de fond, une progression rapide des coûts qui inquiète l’exécutif et interroge l’équilibre du système de protection sociale.
Une dynamique de dépenses jugée « pas soutenable » par la ministre de la Santé
La progression des arrêts de travail s’inscrit dans une tendance budgétaire préoccupante. En effet, la ministre de la Santé a insisté sur une trajectoire financière difficile à contenir, soulignant une augmentation constante des dépenses. « Il y a une courbe d’augmentation des dépenses » qui n’est « pas soutenable à terme », a-t-elle déclaré sur Sud Radio. Les arrêts de travail pèsent désormais lourdement sur les comptes publics. Dans le détail, les montants atteignent un niveau particulièrement élevé.
La ministre de la Santé a précisé que les dépenses liées aux arrêts de travail s’élèvent aujourd’hui à « presque 20 milliards d’euros », avec « un milliard de plus tous les ans », toujours selon Le Parisien. Cette progression annuelle illustre un phénomène cumulatif, qui s’accélère malgré les dispositifs de contrôle existants. Par conséquent, l’exécutif estime nécessaire de réagir rapidement pour contenir cette dérive financière.
Arrêts de travail courts : une cible prioritaire pour la ministre de la Santé
Dans cette stratégie, les arrêts de travail de courte durée occupent une place centrale. Le gouvernement entend cibler en priorité ces arrêts jugés répétitifs, souvent limités à quelques jours. Selon la ministre de la Santé, ces arrêts « de deux/trois jours » « augmentent de façon très importante », même s’ils « ne sont pas les plus coûteux mais ils désorganisent l’entreprise », d’après Le Parisien.
Cependant, l’exécutif ne souhaite pas réduire la question à une simple logique de sanction. La ministre de la Santé a ainsi tenu à nuancer son propos, rappelant qu’il ne fallait pas « stigmatiser » les médecins, toujours selon Le Parisien. Elle a ajouté que certains abus existent, mais qu’ils restent marginaux : « Dans de rares cas, il y a des médecins qui prescrivent des arrêts alors qu’ils ne devraient pas », a-t-elle précisé dans la même intervention.
Fraude et arrêts de travail : un axe stratégique renforcé par la ministre de la Santé
Au-delà des arrêts de travail eux-mêmes, la lutte contre la fraude constitue un axe majeur de la politique envisagée. Les chiffres récents témoignent d’une intensification des contrôles. En 2025, l’Assurance maladie a détecté et stoppé 723 millions d’euros de fraudes, soit une hausse de 15 % par rapport à 2024, selon les déclarations de la ministre de la Santé. Sur ce total, 49 millions d’euros concernaient directement les arrêts de travail, ce qui illustre l’ampleur du phénomène. Par ailleurs, le gouvernement souhaite s’attaquer à de nouvelles formes de fraude, notamment numériques. La ministre de la Santé a évoqué l’existence de « sites frauduleux qui proposent des ordonnances d’arrêts ou de traitements sans qu’il y ait eu une consultation », selon Le Parisien.
Elle a également souligné la difficulté à les fermer, précisant qu’il faut « à peu près six mois pour les retirer » alors qu’ils peuvent réapparaître en « 24 heures » sous forme de sites miroirs. Cette situation renforce la nécessité d’outils plus rapides et plus efficaces. Enfin, certaines pistes réglementaires émergent déjà dans le débat public. Des mesures envisagées incluent un encadrement plus strict de la durée initiale des arrêts ou de leur renouvellement, comme l’indiquent plusieurs analyses sectorielles récentes publiées le 30 mars 2026. Dans ce contexte, la ministre de la Santé prépare un ensemble de dispositions qui seront dévoilées « mi-avril » et qui visent à « améliorer et rendre soutenables ces dépenses », selon ses propres termes.







