Il peut paraître surprenant qu’en France certaines personnes perçoivent jusqu’à 1 600 € par mois à la retraite sans avoir jamais cotisé à un régime de retraite traditionnel. Ce phénomène, mis en lumière par le magazine Capital, s’explique par la combinaison de systèmes contributifs et de mécanismes de solidarité propres au modèle français, permettant une retraite sans cotisation. Ce n’est pas une faille administrative : c’est une logique qui reconnaît des parcours de vie souvent invisibles, comme la maternité, l’aidance, la maladie ou la précarité.
Ce que dit la loi et les dispositifs existants
En France le système de retraite évolue régulièrement. L’année 2025 est particulière : l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans, mais l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) peut être versée dès 65 ans, ou dès 62 ans si une inaptitude est reconnue. Ces règles tiennent compte de situations personnelles variées, de l’inaptitude physique à la prise en compte des périodes d’inactivité pour élever des enfants ou pour le service militaire.
L’Aspa, souvent appelée l’ex‑minimum vieillesse, reste un dispositif important pour lutter contre la précarité des personnes âgées. En 2025, son montant maximal atteint 1 034,28 € par mois pour une personne seule et peut monter jusqu’à 1 605,73 € pour un couple. Ces montants dépendent d’un plafond annuel de ressources, fixé à 12 411,44 € pour un individu et 19 268,80 € pour un couple, comme l’indique le Service public. Il faut en outre résider en France au moins neuf mois par an et demander toutes les pensions auxquelles on pourrait prétendre pour être éligible.
Valider des droits sans avoir cotisé
Une particularité marquante du système, ce sont les « trimestres assimilés » (trimestres pris en compte même sans cotisations). Ils peuvent être attribués pour de nombreux événements de la vie : maternité, éducation des enfants (jusqu’à huit trimestres supplémentaires par enfant), chômage — même non indemnisé — ou périodes d’arrêt maladie, grâce au Fonds de solidarité vieillesse. Des dispositifs comme l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF), financée par la CAF (Caisse d’Allocations Familiales), permettent aussi de sécuriser des trimestres pour les personnes qui s’occupent d’enfants ou de proches en situation de handicap, parmi d’autres aides méconnues.
Les aidants familiaux, qui prennent en charge à domicile des parents âgés ou handicapés, disposent eux aussi de mécanismes pour faire valoir certains droits. Les personnes en situation de handicap bénéficient de dispositifs spécifiques, qui peuvent notamment permettre un départ à la retraite anticipé dès 55 ans.






