Le Berger belge malinois arrive en tête d’un classement scientifique inédit sur l’intelligence canine. Avec un score de 35 points sur 39, la race devance le Border Collie, longtemps considéré comme le chien le plus intelligent du monde grâce à ses capacités d’obéissance.
Le résultat provient d’une étude de l’Université d’Helsinki, publiée en 2022 dans la revue Scientific Reports. Entre 2016 et 2022, 1 002 chiens issus de 13 races différentes ont été soumis à 10 tests standardisés, baptisés smartDOG et conçus par la comportementaliste Katriina Tiira. L’étude a été dirigée par la doctorante Saara Junttila, avec des chiens finlandais âgés de un à huit ans, recrutés sur la base du volontariat avec leurs maîtres.
Sept épreuves mesuraient la cognition : compréhension d’un geste de pointage, mémoire à court terme, résolution d’un problème spatial. Trois autres observaient le comportement face à une situation impossible ou la tendance à coopérer spontanément avec l’humain. Selon l’Université d’Helsinki, ces tests ciblaient surtout la cognition sociale, le contrôle de l’impulsivité et la résolution de problèmes pratiques, plutôt qu’une forme abstraite d’intelligence.
Les auteurs précisent d’ailleurs n’avoir pas trouvé de grandes différences entre races pour la logique ou la mémoire à court terme, ce qui limite toute lecture en termes de « QI global » du chien.
Le Border Collie et l’Australian Kelpie sur le podium
Derrière le Malinois, le Border Collie occupe la deuxième place, suivi de l’Australian Kelpie en troisième position. Le classement finlandais tranche avec celui popularisé par le psychologue Stanley Coren, centré sur l’obéissance et qui plaçait depuis longtemps le Border Collie en tête. Le podium obtenu à Helsinki met davantage en avant la cognition sociale et l’auto-contrôle que la simple capacité à suivre des ordres.
Le Border Collie reste très performant, notamment pour le contrôle de l’impulsivité et la résolution de problèmes spatiaux, mais son score global reste derrière celui du Malinois. Ce dernier réagissait très vite aux gestes humains, contournait efficacement la barrière en V d’un des tests spatiaux et restait concentré longtemps sur une tâche.
Ce profil correspond à son utilisation en police, en armée ou en recherche de personnes, où lecture du corps humain, sang-froid et persévérance sont indispensables. Souvent employé dans les forces de l’ordre, au regard vif et intense, le Malinois a impressionné les chercheurs par l’équilibre qu’il affiche entre vivacité, mémoire et autonomie.
D’autres comportements distinguent les races testées. Le Golden Retriever demandait facilement de l’aide à son maître face à un obstacle insoluble, tandis que l’Hovawart cherchait plus longtemps une solution seul, signe d’une plus grande indépendance. Les retrievers, Labrador et Golden confondus, se distinguent par leur volonté de coopérer, le Caniche et le Berger allemand par la rapidité de leur apprentissage.
L’étude relie ces différences à l’histoire de chaque race et à l’intelligence instinctive héritée du rôle pour lequel elle a été créée.
Une race qui ne convient pas à tous les foyers
Cette première place ne veut pas dire que le Malinois s’adapte à n’importe quel mode de vie. C’est un chien de travail très énergique, qui demande une éducation ferme, beaucoup d’exercice mental et physique et un maître disponible au quotidien.
Les chercheurs insistent sur un point : la présence, l’empathie et la qualité de la relation comptent autant que les points gagnés aux tests.
