Dans la région des Pays de la Loire, et plus particulièrement en Loire-Atlantique et en Vendée, un dysfonctionnement du logiciel Arpège, en phase de test depuis plus d’un an, a causé de gros retards dans les versements des indemnités journalières pour de nombreux assurés sociaux. Le logiciel est testé dans les CPAM (Caisse primaire d’assurance maladie) et l’une des personnes touchées, Lucie, qui habite en Loire-Atlantique, se retrouve aujourd’hui dans une situation financière dramatique. Cet article décrit les faits, les conséquences et les suites de cette affaire.
Le logiciel qui coince
Le logiciel Arpège est au cœur des problèmes. En phase de test depuis plus d’un an, et déployé depuis plusieurs mois dans les CPAM de Loire-Atlantique et de Vendée, il montre de nombreux dysfonctionnements, notamment son incapacité à recalculer les droits liés à la maladie professionnelle, entraînant des suspensions automatiques. Les bugs signalés entraînent d’importants retards dans le versement des indemnités pour de nombreux assurés, illustrant une erreur administrative. Depuis son déploiement, près de 10 000 dossiers sont bloqués dans la région, conséquence directe des erreurs administratives.
Les effets sur les personnes concernées sont sévères. Le cas de Lucie est raconté par La Dépêche. Elle est hospitalisée pour un burn-out en décembre 2024 et voit sa maladie reconnue comme professionnelle en octobre 2024. Jusque-là, elle recevait ses indemnités journalières normalement. Mais à partir de mi-novembre 2025, les versements ont cessé, la laissant sans ressources et très éprouvée.
Ce que ça a provoqué pour les assurés
Lucie illustre bien les conséquences. Privée d’indemnités pendant plus de deux mois, elle a dû puiser dans son épargne, aujourd’hui épuisée. Elle déclare : « Mon épargne a fondu comme neige au soleil ». La somme qu’elle attend aujourd’hui se situe entre 10 000 € et 12 000 €, alors qu’elle n’a reçu qu’un acompte dérisoire de 400 € à la suite d’une demande d’aide exceptionnelle.
Les difficultés administratives aggravent la situation : faute d’une attestation émanant de la CPAM, Lucie ne peut pas activer ses assurances ni percevoir sa prévoyance employeur, illustrant les procédures administratives complexes. « À chaque fois que je les ai appelés, ça a entraîné des pleurs au téléphone », raconte-t-elle.
Réactions et démarches engagées
Plusieurs actions ont été menées. Lucie a contacté la députée de sa circonscription. Les députés LFI de Loire-Atlantique et le collectif « Arpège, non merci ! » ont aussi saisi la défenseure des droits, qui a donné raison aux assurés lésés et les a soutenus symboliquement dans leur lutte contre les dysfonctionnements d’Arpège.
Les agents de la CPAM, souvent eux-mêmes démunis face à la situation, ont vu la généralisation du logiciel reportée de 2025 à 2026. Malgré ces avancées, France 3 Pays de la Loire indique que la CPAM n’a pas souhaité répondre à sa demande d’interview, laissant sans réponses les nombreuses réclamations des assurés.


