#balancetonporc – le harcèlement sexuel au travail enfin dénoncé

  • Publié le: mercredi 18 octobre 2017

La semaine dernière, c’est à la suite des nombreuses accusations de harcèlement sexuel, agressions voir même de viols portées à l’encontre de Harvey Weinstein que les langues ont commencé à se délier. Sous cette impulsion, les femmes du monde entier ont été appelées à dénoncer leur agresseur via le hashtag #BalanceTonPorc (ou #metoo dans sa version anglaise).  

Depuis, elles sont des milliers à avoir témoigné sur les réseaux sociaux du harcèlement sexuel dont elles ont été victimes, notamment au travail.

Selon Libération, c’est la journaliste de la Lettre de l’audiovisuel Sandra Muller qui en est à l’origine. Vendredi soir, elle a posté un tweet dans lequel elle incite les femmes à dévoiler publiquement « le nom » de leurs agresseurs « et les détails ». L’objectif étant d’inciter les femmes à briser le silence et à raconter le harcèlement sexuel et même les agressions sexuelles dont elles ont été victimes dans le cadre de leur travail.

20 % des femmes confrontées à du harcèlement sexuel au travail  

Le constat est sans appel : le harcèlement sexuel est un phénomène de société qui touche autant le monde du travail que la vie civile. En 2014, le Défenseur des droits estimait à 20 % le nombre de femmes actives à y avoir été confrontées. Le plus souvent, le harceleur était un collègue, un employeur ou un supérieur hiérarchique. Au final, seules trois femmes sur dix ont osé alerter leur direction.

Les entreprises doivent prendre leur part de responsabilité et agir en conséquence

Pour Marie Pezé, docteur en psychologie, psychanalyste et expert auprès de la Cour d’appel de Versailles, le silence lié au harcèlement sexuel au travail s’explique par le fait que « trop souvent il est vécu comme une affaire privée ou personnelle. C’est aux femmes de se débrouiller seules pour se sortir de ces situations, alors qu’il existe un cadre légal très solide », explique-t-elle.

« C’est un non-sujet pour beaucoup d’entreprises », ajoute Olga Trostiansky, présidente du Laboratoire de l’égalité. « Or, pour briser le tabou du harcèlement sexuel, il faut qu’il soit évoqué, porté à l’ordre du jour ». Ainsi, la conseillère au CESE (Conseil économique, social et environnemental) suggère que les syndicats abordent systématiquement ce sujet lors des CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

Pourtant, des actions restent facilement envisageables et rapides à mettre en place.

Par exemple, la nécessité de communiquer en interne sur le fait que c’est un sujet à aborder dès qu’un début de harcèlement se présente. Une campagne d’information peut être affichée dans les locaux de l’entreprise (infirmerie, salle de pause, mailing de la part du CHSCT). Le médecin du travail, ainsi que les organisations syndicales et les membres du CHSCT sont là aussi pour écouter ces problèmes et  représenter le salarié si nécessaire devant se hiérarchie.

Cela peut ainsi créer un espace de libération, mais aussi des engagements opposables dans l’organisation telle qu’une charte sur laquelle on peut s’appuyer pour dire à l’entreprise qu’elle n’a pas respecté ses engagements.

Et surtout, monter une procédure dans laquelle il est noté que jamais il ne faut déplacer la victime (95% des victimes qui dénoncent des faits de harcèlement finissent pas perdre leur poste selon l’AVFT).

La réputation de l’entreprise mise à mal

Mais le mouvement actuel est sans précédent et le message de Sandra Muller, qui incite à nommer directement les agresseurs dans les tweets, va avoir un impact sur la réputation des entreprises. Cela devrait donc les pousser à agir.

Les condamnations vont-elles suivre ? Nous le verrons dans les mois à venir…

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