Réduction des risques : 6 millions d’anciens fumeurs montrent l’efficacité de la cigarette électronique

  • Publié le: jeudi 7 juillet 2016

Objet de nombreux fantasmes, l’utilité de la cigarette électronique vient d’être prouvée. Une récente étude menée au niveau de l’Union européenne démontre que 6 millions de fumeurs ont réussi à arrêter de fumer grâce à ce substitut. Un bilan qui ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte anti-tabac.

6 millions de fumeurs ont arrêté de fumer grâce à la cigarette électronique en Europe. C’est la conclusion de l’étude « Electronic cigarette use in the European Union: analysis of a representative sample of 27 460 Europeans from 28 countries » publiée dans la revue Addiction. Basée sur l’Eurobaromètre de la Commission européenne, qui passe annuellement au peigne fin les pratiques addictives au sein de l’Union, l’étude conclut à un sevrage sans précédent. 35,1 % des utilisateurs actuels de la e-cigarette ont arrêté de fumer du tabac et 32,2 % ont réduit leur consommation. « Ce sont probablement les taux de sevrage et de réduction tabagiques les plus élevés jamais observés sur une population aussi large », souligne Konstantinos Farsalinos, co-auteur de l’étude.

Bonne nouvelle : contrairement aux idées reçues, la e-cigarette ne constitue pas un produit d’appel vers la cigarette et les autres produits traditionnels du tabac. Seulement 1,3 % des non-fumeurs disent utiliser régulièrement des cigarettes électroniques, et seuls 0,09 % tous les jours. Jacques Le Houezec, qui signe aussi cette étude, explique : « Pratiquement, il n’y a pas d’utilisation actuelle ou régulière de cigarette électronique avec nicotine par les non-fumeurs, donc la préoccupation d’un possible effet passerelle vers le tabagisme est largement rejetée par ces résultats ».

Préconiser l’utilisation d’autres produits délivrant de la nicotine

La Fédération française d’addictologie (FFA) s’est penchée sur la question d’une nouvelle politique de réduction des risques et des dommages des comportements addictifs, sans se limiter aux substances illicites. La neuvième recommandation du rapport qu’elle a récemment publié insiste ainsi sur le rôle que la cigarette sans combustion peut jouer dans la lutte contre le tabagisme. En effet, le danger de la consommation de tabac réside dans la combustion des produits contenus (goudron, monoxyde de carbone…), et non dans la présence de nicotine, même si c’est elle qui est à l’origine de l’addiction.

La e-cigarette et autre inhalateur de tabac représentent à ce titre une piste intéressante pour réduire les risques liés à la combustion des produits du tabac et les maladies qui y sont associées. La FFA la qualifie « d’outil complémentaire de la réduction des risques qui permet à une partie non négligeable de ses utilisateurs de réduire significativement les effets délétères de la combustion de tabac ». Dans une démarche différente de celle préconisée par les pouvoirs publics ces dernières années, pour lesquels réduction des risques rime avec sevrage complet, la FFA favorise également « l’utilisation des substituts nicotiniques dans la réduction du risque tabagique doit être élargie à une utilisation à long terme en ne se limitant pas à un objectif de sevrage à court terme ».

Interdiction de la publicité des produits de la e-cigarette

Ces conclusions pourraient-elles changer la donne ? Les autorités publiques ne semblent pas encore prêtes à abandonner leurs politiques répressives, qui ont pourtant montré leurs limites. Le projet de loi Santé de la ministre Marisol Touraine a lancé une véritable blitzkrieg avec l’instauration du paquet neutre. Ce genre de mesures choc et court-termistes n’ont jamais fait leurs preuves. Plutôt que de réduire significativement la consommation, elles reportent les fumeurs sur les pays voisins et contribuent au développement des marchés sous-terrains. En stigmatisant et en pénalisant les fumeurs, elles délaissent une approche inclusive de prévention et de réduction des risques.

La récente annonce de l’interdiction de la publicité pour les cigarettes électroniques en est un autre exemple. Alors que ce dispositif a fait ses preuves dans l’accompagnement des fumeurs vers l’arrêt du tabac, le gouvernement prend le parti de le diaboliser et d’infantiliser encore un peu plus les consommateurs. Cacher cette e-cigarette que je ne saurai voir ? C’est réduire les chances de nombreux fumeurs de se familiariser avec ce substitut et, pourquoi pas, de diminuer ou d’arrêter leur consommation grâce à lui.

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