Lutte contre les tiques : la science cible leur salive

Avec le retour du printemps, les tiques et les moustiques réapparaissent et relancent les inquiétudes sanitaires. Pourtant, une avancée scientifique française pourrait changer la donne. En ciblant un mécanisme clé chez les tiques, des chercheurs espèrent bloquer la transmission de maladies vectorielles, un enjeu de santé publique croissant en France.

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Lutte contre les tiques : la science cible leur salive
Lutte contre les tiques : la science cible leur salive © Social Mag

Le 30 mars 2026, une équipe coordonnée par l’INRAE a dévoilé une découverte majeure sur les tiques, ces parasites dont l’activité reprend fortement dès le printemps. Alors que les moustiques et les tiques participent à la propagation de maladies vectorielles, cette recherche française propose une approche innovante : empêcher l’infection à la source en neutralisant un mécanisme biologique essentiel à ces acariens.

Tiques et moustiques : une menace sanitaire en progression

Avec l’arrivée des températures plus douces, les tiques réapparaissent massivement, tandis que les moustiques suivent une dynamique comparable. En effet, ces deux vecteurs sont directement liés à l’augmentation des maladies vectorielles, notamment en France où leur activité s’étend désormais sur plusieurs mois de l’année. Ainsi, selon TF1 Info, « le printemps est annonciateur de la période la plus à risque pour les piqûres de tiques ». De plus, les tiques représentent aujourd’hui un risque sanitaire croissant. Selon les données issues du programme CiTIQUE, « 27% des tiques analysées […] [sont] porteuses d’au moins un agent pathogène pour l’humain ».

Par conséquent, le danger ne cesse de progresser, d’autant que les moustiques participent eux aussi à la diffusion d’agents infectieux dans un contexte climatique favorable à leur expansion. Cette progression est renforcée par des facteurs environnementaux. En effet, le réchauffement climatique favorise l’extension géographique des tiques et des moustiques. Ainsi, ces parasites trouvent des conditions idéales pour se développer, notamment en France métropolitaine. Par ailleurs, certaines maladies comme la maladie de Lyme ou l’encéphalite à tiques continuent de susciter une vigilance accrue, en raison de leurs conséquences parfois sévères sur la santé humaine.

Comprendre les tiques pour mieux bloquer leur action

Pour lutter efficacement contre les tiques, les chercheurs ont choisi de s’attaquer à un élément clé : leur salive. En effet, celle-ci joue un rôle déterminant dans la transmission des agents pathogènes. Comme l’explique Ladislav Simo, directeur de recherches à l’INRAE, interrogé par France info : « Sans sa salive, la tique ne peut transmettre aucune maladie ». Cette affirmation souligne l’importance stratégique de ce mécanisme biologique. En pratique, la salive des tiques agit comme un outil sophistiqué. Elle empêche la coagulation du sang, anesthésie la peau et affaiblit les défenses immunitaires de l’hôte. Ainsi, elle permet à la tique de rester fixée plusieurs jours sans être détectée.

Par conséquent, plus la tique salive longtemps, plus le risque de transmission augmente, ce qui explique l’intérêt scientifique de cette cible. Les chercheurs ont donc étudié en détail le fonctionnement de cette salivation. Grâce à des modèles informatiques et des analyses en laboratoire, ils ont identifié un système de contrôle nerveux complexe. Selon l’INRAE, le système nerveux de la tique contrôle avec précision l’activité des glandes salivaires […] grâce à 2 voies de signalisation distinctes mais complémentaires. Cette découverte constitue une avancée majeure dans la compréhension du fonctionnement des tiques.

Une nouvelle stratégie contre les tiques et les moustiques ?

Cette découverte ouvre des perspectives inédites pour lutter contre les tiques. En ciblant les mécanismes de salivation, il devient possible d’empêcher à la fois la piqûre et la transmission des agents pathogènes. Il ne s’agit plus seulement de repousser les tiques, mais de bloquer leur capacité à infecter. Concrètement, les chercheurs envisagent le développement de nouveaux dispositifs. Il pourrait s’agir de gels, de répulsifs ou de patchs capables d’interférer avec le système nerveux des tiques. Cette approche présente un avantage majeur, elle cible spécifiquement les tiques sans affecter l’humain. En effet, l’un des récepteurs identifiés est absent chez les mammifères, ce qui limite les risques d’effets secondaires.

Par ailleurs, cette stratégie pourrait également inspirer des approches contre d’autres vecteurs comme les moustiques. Même si les mécanismes biologiques diffèrent, le principe reste similaire : comprendre précisément le fonctionnement du parasite pour mieux le neutraliser. Ainsi, la recherche sur les tiques pourrait indirectement bénéficier à la lutte globale contre les maladies vectorielles. Enfin, cette avancée intervient dans un contexte où la prévention reste essentielle. Car malgré les progrès scientifiques, le risque demeure élevé. Comme le rappellent les chercheurs, certaines tiques peuvent rester fixées plusieurs jours, augmentant ainsi la probabilité d’infection. Par conséquent, la vigilance reste de mise, notamment lors des activités en extérieur au printemps et en été.

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