Les écoles préparant aux métiers du social ont compté 55 900 inscrits en 2025, contre environ 57 200 en 2024. Les résultats de l’enquête annuelle de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), diffusés le 29 octobre, montrent un recul de 2,3 % des effectifs, toutes années de formation confondues. Cette diminution intervient alors que ces formations préparent notamment aux métiers d’éducateur spécialisé, d’accompagnant éducatif et social et d’assistant de service social.
Les premières années se contractent dans plusieurs formations
La Drees recense 1 103 formations aux professions sociales en France en 2025. Les étudiants se répartissent notamment entre les cursus d’éducateur spécialisé (27,1 % des inscrits), d’accompagnant éducatif et social, ou AES (15,8 %), et d’assistant de service social (11,7 %). Les femmes représentent 82 % des effectifs.
Le signal le plus préoccupant pour le renouvellement des professionnels se trouve dans les entrées en formation. Les inscrits en première année diminuent de 1,8 % par rapport à 2024. Pour le cursus d’accompagnant éducatif et social, la baisse atteint 5,5 % en première année. Elle est de 6,4 % chez les futurs éducateurs de jeunes enfants et de 5,7 % chez les futurs éducateurs spécialisés. Ces évolutions concernent des effectifs d’étudiants, et ne constituent pas une mesure directe du nombre de postes vacants ou de recrutements.
Les trajectoires ne sont cependant pas toutes identiques. Les inscriptions totales augmentent de 6,4 % pour la formation de mandataire judiciaire à la protection des majeurs, de 2,9 % pour le CAFERUIS, qui prépare à des fonctions d’encadrement, et de 1,4 % pour les moniteurs éducateurs. En première année, la formation d’assistant familial progresse de 13 % après un recul d’ampleur comparable l’année précédente.
Le nombre de diplômés résiste, mais les abandons restent élevés
La baisse des effectifs ne se traduit pas immédiatement par une chute des diplômes délivrés. En 2025, 20 250 personnes ont obtenu leur diplôme dans le champ statistique suivi hors validation des acquis de l’expérience (VAE) et allègement de scolarité, soit une quasi-stabilité (-0,4 %) par rapport à 2024. Le taux de réussite aux examens atteint 89,5 %. En ajoutant les diplômes acquis par VAE partielle et les cursus d’allègement, le total communiqué est d’environ 21 700 diplômés. La comparaison avec les années précédentes doit tenir compte des différences de champ et de modalités de certification.
Des écarts importants subsistent selon les métiers : le nombre de diplômés recule de 14,6 % chez les conseillers en économie sociale familiale et de 7,3 % chez les moniteurs éducateurs, mais progresse de 23,5 % pour les assistants familiaux. Ces résultats détaillés figurent dans la publication annuelle de la Drees, également reproduite à partir des données publiques.
Autre indicateur à suivre : 4 130 étudiants ont définitivement interrompu leur formation en 2025. Cela représente 7,4 % selon la méthode de calcul de la Drees, un taux inchangé par rapport à 2024. Parmi les motifs déclarés d’interruption définitive, les raisons personnelles arrivent en tête (34,4 %). Les difficultés liées au stage ou à l’alternance représentent 11,9 % des cas, les difficultés financières 5,3 %. Dans 12,5 % des cas, l’établissement ne connaît pas le motif.
Un indicateur à surveiller pour l’accompagnement des familles
Les formations étudiées alimentent des services très différents : accompagnement du handicap et de la perte d’autonomie, protection de l’enfance, travail social de proximité, soutien aux familles. Un repli persistant des nouvelles inscriptions peut donc peser, à terme, sur le renouvellement des équipes. Il serait néanmoins abusif d’en déduire une pénurie identique dans toutes les professions ou tous les territoires : les recrutements, les départs et les reconversions doivent aussi être pris en compte.
Les données 2025 décrivent une année de formation révolue, non les effectifs d’étudiants à la rentrée 2026. Leur intérêt est de faire apparaître un contraste : les diplômes délivrés se maintiennent encore, tandis que les entrées en formation se réduisent. Les prochaines enquêtes permettront de déterminer si cette divergence se prolonge et dans quels métiers elle est la plus marquée.
