Alors que la France traverse un épisode de canicule exceptionnellement précoce avec des températures record pour un mois de mai, beaucoup doivent continuer à travailler dans des conditions très éprouvantes. Cela pose des questions sur les protections juridiques et les obligations des employeurs pour assurer la sécurité et le bien-être des travailleurs pendant les fortes chaleurs. Que prévoit la législation française pour ces situations extrêmes, et comment les salariés peuvent-ils se protéger tout en respectant leurs obligations professionnelles ?
La hausse des températures, où on en est
Lundi 25 mai, un record de température a été enregistré en France pour ce mois, et la situation devrait encore s’aggraver. Huit départements ont d’ailleurs été placés en vigilance orange pour canicule : Finistère, Morbihan, Manche, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire, Mayenne, Vendée, et Loire-Atlantique.
Même si ces conditions sont difficiles à supporter, le droit du travail français, tel qu’il est rédigé aujourd’hui, impose en principe aux salariés de se rendre sur leur lieu de travail malgré la chaleur, et le code vestimentaire peut être strictement appliqué. Le Code du travail ne fixe pas de seuil maximal de température, ce qui signifie que, sauf dispositions particulières, la présence au travail reste obligatoire.
Ce que peuvent faire salariés et employeurs
Les salariés peuvent éventuellement utiliser le droit de retrait (le fait de quitter son poste quand on estime être exposé à un « danger grave et imminent » pour la santé ou la sécurité). Mais pour y recourir, il faut informer l’employeur avant de se retirer, et la notion de « danger grave et imminent » est subjective, ce qui peut freiner son utilisation. Lorsqu’il est exercé correctement, ce droit protège le salarié contre des sanctions ou une perte de salaire.
Pour les employeurs, depuis le 1er juillet 2025, plusieurs obligations sont entrées en vigueur pour garantir une protection des travailleurs lors des épisodes de chaleur. Ils doivent mettre à disposition « un espace de repos frais et ombragé, en particulier pour les personnes travaillant à l’extérieur », recourir à des « procédés de travail ne nécessitant pas d’exposition à la chaleur », fournir des équipements adaptés pour « maintenir une température corporelle stable », et garantir l’accès à de l’eau potable fraîche, au moins trois litres par salarié et par jour en l’absence de point d’eau.
Comment se protéger et quoi mettre en place
En plus des règles, il est important que les salariés prennent des précautions personnelles face aux risques liés à la canicule, comme le stress thermique. Les symptômes comprennent la fièvre, les maux de tête, la confusion et une soif intense. Il est recommandé de limiter les efforts physiques, de s’hydrater régulièrement et de porter des vêtements adaptés.



