La stratégie pour l’alimentation publiée : la viande au cœur des tensions

Avec plus de deux ans de retard, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat a enfin été dévoilée par le gouvernement, ce vendredi 28 novembre. Derrière les intentions affichées, un sujet domine les réactions : la consommation de viande, mentionnée comme à « limiter », mais sans aucun objectif chiffré.

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Viande rouge : faut-il vraiment en réduire la consommation ?
La stratégie pour l’alimentation publiée : la viande au cœur des tensions © Social Mag

Le gouvernement a publié ce 28 novembre 2025 sa Stratégie pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), texte attendu depuis plus de vingt-quatre mois. Présentée comme un outil structurant pour concilier les politiques publiques de santé, de climat et d’agriculture, cette feuille de route s’inscrit dans le prolongement de la loi Climat et Résilience de 2021. Malgré cette ambition déclarée, le document reste discret sur la consommation de viande, enjeu pourtant central du débat climat et alimentation.

Une publication très attendue, après deux ans de retard

Initialement attendue pour le 1er juillet 2023, la Stratégie pour l’alimentation a connu de multiples reports. Selon Le Monde, ces retards seraient liés à des divergences entre ministères et à une absence d’arbitrage sur plusieurs points sensibles, dont la consommation de viande. Ce n’est qu’en ce vendredi 28 novembre que le gouvernement a finalement rendu le texte public, à travers une communication conjointe des ministères de la Transition écologique, de l’Agriculture et de la Santé.

La SNANC a été élaborée à partir d’une large concertation impliquant le Conseil national de l’alimentation (CNA), le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), ainsi que plusieurs comités scientifiques. Le ministère de l’Économie précise, dans un communiqué du 27 novembre 2025, qu’il s’agit d’« une politique systémique et ambitieuse » destinée à guider les choix alimentaires de la France jusqu’en 2030.

Des ambitions multiples pour verdir l’alimentation

La Stratégie pour l’alimentation s’articule autour de plusieurs axes majeurs, avec pour objectif de concilier enjeux nutritionnels, climatiques et agricoles. Le ministère de la Transition écologique souligne que la SNANC « vise une transition alimentaire respectueuse de la biodiversité, du climat et de la santé publique », en promouvant notamment les circuits courts, les produits de qualité et la lutte contre le gaspillage alimentaire. Parmi les quelques objectifs quantifiés, le gouvernement fixe la part de produits issus de l’agriculture biologique à 12 % de la consommation nationale d’ici 2030.

Autre cap : la couverture de 80 % du territoire par des projets alimentaires territoriaux (PAT) à la même échéance. Une réduction de 50 % du gaspillage alimentaire dans la restauration collective est également annoncée, ainsi que l’obligation pour les grandes surfaces de publier, dès 2025, la part de leurs achats en produits « durables et de qualité ». Ces mesures s’inscrivent dans une volonté de structuration des politiques alimentaires locales et nationales, en lien avec les futurs programmes PNA (Programme national pour l’alimentation) et PNNS (Programme national nutrition santé) pour la période 2025–2030.

Une mention sensible : la viande, enjeu évité

Le cœur du débat se cristallise autour de la question de la viande, à peine esquissée dans la stratégie finale. Le gouvernement évoque une volonté de « limitation » de la consommation de viande, en particulier celle importée, sans toutefois assortir cette orientation d’un objectif mesurable. Or, pour de nombreuses ONG, cela constitue un recul par rapport aux versions précédentes du texte, plus précises sur la trajectoire de réduction.

Dans une lettre ouverte publiée en septembre 2025, un collectif de 117 associations, dont le Réseau Action Climat, affirmait que, dans des propos rapportés par France Assos Santé : « Inscrire dans la SNANC une trajectoire claire de réduction de la consommation de viande n’est pas une option : c’est une nécessité ». Ce signal d’alarme n’a manifestement pas été entendu par l’exécutif.

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