Le directeur de France Travail l’admet : 300 000 emplois restent sans candidat, et les entreprises ne savent plus comment attirer les gens

Deux ou trois emplois sur trois non pourvus dans le bâtiment, un chômage qui grimpe quand même à 8,3 %. Comment expliquer ce paradoxe ? France Travail dévoile ses chiffres et sa stratégie pour y remédier.

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Le directeur de France Travail l'admet : 300 000 emplois restent sans candidat, et les entreprises ne savent plus comment attirer les gens
Le directeur de France Travail l’admet : 300 000 emplois restent sans candidat, et les entreprises ne savent plus comment attirer les gens © Social Mag

Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, alerte sur les difficultés de recrutement que rencontrent les entreprises françaises, alors même que le chômage progresse. Dans un entretien à La Tribune Dimanche, paru le 25 octobre 2026, il chiffre entre 200 000 et 300 000 le nombre d’emplois qui restent non pourvus dans le pays.

Le paradoxe ne tient pas qu’aux grands équilibres macroéconomiques. Guilluy affirme que malgré les difficultés économiques actuelles, 44 % des entreprises n’en rencontrent pas moins des difficultés importantes de recrutement. Dans le bâtiment, la proportion grimpe à 66 %, deux entreprises du secteur sur trois peinant à embaucher.

Ce constat s’inscrit dans un contexte de chômage en hausse. L’Insee a annoncé, le 7 août 2026, une progression de 0,2 point du taux de chômage au deuxième trimestre, le portant à 8,3 %, un niveau qu’on n’avait plus observé depuis l’automne 2020, en pleine crise sanitaire liée au Covid-19. En un an, ce taux est passé de 7,4 % à 8,3 %.

Guilluy préfère toutefois regarder un autre indicateur. Il défend que l’indicateur à suivre est le taux d’emploi des 15-64 ans, qui a grimpé de 65,5 % en 2017 à près de 70 % en 2026, soit 2 millions de personnes de plus au travail en neuf ans.

Une campagne pour vendre France Travail aux entreprises

Face à ces tensions, France Travail dit agir « pour attirer, former, recruter et surtout fidéliser ». Une campagne de communication sera lancée le mercredi 28 octobre 2026 pour promouvoir France Travail Pro, présenté par son directeur général comme le « premier partenaire RH des entreprises ».

Les chiffres mis en avant sont précis : 92 % des offres confiées à l’organisme sont pourvues, et le délai moyen pour y parvenir est tombé de 35 à 22 jours. France Travail Pro revendique 6 000 recrutements par jour, et les contacts avec les entreprises sont passés de 100 000 en 2023 à 400 000 en 2025.

L’organisme, qui s’appelait Pôle emploi jusqu’au 31 décembre 2023, mise aussi sur l’intelligence artificielle pour accélérer l’appariement entre offres et candidats, et a simplifié le dépôt d’annonces pour les petites entreprises, désormais possible par commande vocale. « C’est un vrai service public de l’emploi. Pas l’agence du chômage », insiste Guilluy.

Les jeunes, premiers concernés par la hausse du chômage

Une partie de la hausse du chômage se concentre sur une population précise. L’Insee relève que les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de cette progression.

Le taux d’emploi des moins de 25 ans atteint 35 % en France, contre 43 % en moyenne en Europe. Guilluy y voit deux défauts structurels : un travail étudiant trop peu développé, et un déficit d’orientation qu’illustre le taux d’échec en première année de licence, qui atteint 50 %.

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