La fécondité européenne est tombée à 1,34 enfant par femme en 2024, son niveau le plus faible depuis le début de la série statistique d’Eurostat, en 2001. Derrière cette moyenne, la carte publiée le 27 octobre 2026 par l’office statistique européen montre des contrastes considérables : 14 territoires français atteignent ou dépassent 1,75 enfant par femme, tandis que plusieurs territoires espagnols et italiens se situent sous le seuil d’un enfant.
Ces différences territoriales éclairent un enjeu très concret pour les familles et les collectivités : les besoins en crèches, écoles, logements et services de proximité ne se répartissent pas uniformément, même dans un pays où le nombre de naissances recule.
Une Europe à 1,34 enfant par femme, mais des situations très différentes
Selon les chiffres régionaux présentés par Eurostat, l’indicateur conjoncturel de fécondité de l’Union européenne s’établissait à 1,34 en 2024. Cet indicateur synthétise les taux de fécondité observés au cours d’une année : il ne correspond ni au nombre d’enfants effectivement eus par une génération de femmes, ni à une prévision des naissances futures.
Sur les 1 165 territoires européens de niveau statistique NUTS 3 disposant de données, 439, soit 37,7 %, affichent un indice inférieur à la moyenne européenne. À l’inverse, 714 la dépassent et 12 se situent exactement à ce niveau. L’écart entre territoires apparaît plus instructif qu’un simple classement national.
Eurostat recense notamment 14 territoires en France et 14 en Bulgarie où la fécondité atteint au moins 1,75 enfant par femme. Six territoires allemands, trois slovènes et plusieurs autres territoires européens franchissent également ce seuil. À l’autre extrémité, l’indicateur descend sous 1,00 dans 16 territoires espagnols, sept polonais, cinq italiens et trois grecs, ainsi que dans quelques territoires allemands et lituaniens.
Ce que ces écarts révèlent pour la France
Le niveau NUTS 3 utilisé dans cette comparaison correspond, en France, à l’échelon départemental, y compris outre-mer. Il faut donc distinguer ces territoires des grandes régions administratives françaises. La nomenclature territoriale d’Eurostat sert précisément à rendre les comparaisons européennes cohérentes malgré des découpages administratifs différents.
La présence de 14 territoires français au-dessus de 1,75 montre que la moyenne nationale masque des réalités démographiques contrastées. Les territoires où les naissances restent relativement nombreuses doivent anticiper des besoins de garde et de scolarisation différents de ceux où les générations d’enfants diminuent rapidement. Les politiques familiales et l’offre de services gagnent donc à être examinées à une échelle plus fine que celle du pays.
Ces écarts ne renseignent toutefois pas, à eux seuls, sur les raisons des choix de parentalité. Pour les interpréter, il faut aussi étudier la structure par âge de la population, les conditions de logement, l’emploi, les modes de vie et l’accès aux services. La carte d’Eurostat décrit une situation démographique ; elle ne démontre pas l’effet d’une politique familiale particulière.
En France, le recul s’est poursuivi en 2025
La comparaison européenne porte sur 2024. Depuis, les données françaises ont évolué : l’Insee indique dans son bilan démographique 2025 que l’indicateur national est passé de 1,61 enfant par femme en 2024 à 1,56 en 2025. Le pays a enregistré environ 645 000 naissances et 651 000 décès cette année-là, soit un solde naturel négatif.
Il serait donc trompeur de lire les 14 territoires français au-dessus de 1,75 en 2024 comme la preuve d’un redressement général. Ils illustrent plutôt la diversité des situations locales au sein d’une tendance nationale à la baisse.
À l’échelle de l’Union, l’indicateur demeure depuis deux décennies sous le seuil de renouvellement des générations, généralement estimé à 2,1 enfants par femme dans les conditions démographiques des pays développés. Cette évolution modifie progressivement la répartition des âges et, à plus long terme, les besoins en services publics et en accompagnement des familles. La publication d’Eurostat fournit surtout une base territoriale pour examiner où ces transformations se manifestent le plus fortement.
