La conférence-débat sur le thème « Finance pour tous : lever les barrières de l’inclusion bancaire », organisée mercredi 19 mars 2025 à Paris par la Banque Postale, a rassemblé des professionnels du secteur bancaire et des acteurs du monde associatif. Alors que 4,3 millions de Français se trouvent en situation de fragilité financière, les participants ont cherché à défendre un accès équitable aux services bancaires.
Inclusion bancaire : plus qu’un enjeu social, un impératif démocratique
En 2020, la France a fait face à une crise sanitaire sans précédent dont les répercussions sociales et économiques se font encore sentir pour nombre de nos compatriotes. Un chiffre résume la gravité de la situation : la hausse de 26% des situations de précarité financière. Une situation qui oblige les acteurs financiers à défendre un modèle de finance accessible à tous.
C’est le message qu’a porté Stéphane Dedeyan, président du directoire de La Banque Postale, lorsqu’il a affirmé en préambule de la conférence que l‘inclusion bancaire représente aujourd’hui une urgence sociale. « Assurer à chacun une place digne au cœur du système bancaire est, pour nous, une priorité absolue ».
La finance pour tous est un impératif social à double sens puisque si l’accès aux services bancaires constitue un élément fondamental de l’autonomie individuelle, la bancarisation est également le socle d’une société économiquement résiliente. Tous les acteurs ont donc à gagner à un meilleur accès aux services bancaires.
Atténuer les inégalités d’accès à l’épargne
Pourtant, années après années, les inégalités dans la maîtrise des outils financiers, dans l’accès à la projection économique et, in fine, à l’épargne, restent profondément ancrées dans la société française. Quelques chiffres esquissent le tableau des limites hexagonales à l’inclusion bancaire.
Un tiers des Français n’épargne pas. Trois jeunes sur quatre souhaitent mieux comprendre les mécanismes financiers. Et les femmes attendent en moyenne d’avoir 50 ans pour souscrire une assurance vie – contre 38 ans pour les hommes. L’exclusion bancaire, souvent silencieuse, agit toujours dans notre société comme un facteur d’aggravation des inégalités sociales.
Dans le cadre de la conférence-débat « Finance pour tous : lever les barrières de l’inclusion bancaire », les modérateurs ont posé deux questions majeures : comment répondre aux besoins spécifiques des publics les plus fragiles ? Comment concevoir des solutions durables qui accompagnent chacun dans la durée, quels que soient l’âge, le genre ou l’origine ?
Un triptyque d’action : éducation, accompagnement, coopération
En la matière, la Banque Postale s’est donné des objectifs ambitieux en articulant sa stratégie autour de trois piliers principaux : éducation, accompagnement, coopération. Une stratégie qui passe avant tout par l’éducation financière avec pour objectif d’outiller chacun pour reprendre le contrôle de son quotidien financier.
Ce travail d’éducation doit s’effectuer avec l’accompagnement de professionnels, notamment parce que « l’illectronisme » ou l’incapacité pour certaines personnes à utiliser les outils numériques devenus omniprésents est aujourd’hui un vecteur considérable d’exclusion bancaire. « L’accompagnement humain est vital, car il n’y a pas d’aide efficace sans dialogue personnalisé », a résumé Stéphane Dedeyan. Au-delà de cet accompagnement, c’est également une véritable coopération qui doit être mise en œuvre avec les acteurs de terrain pour répondre aux besoins des personnes vulnérables.
Des actions concrètes et éprouvées
Face à ces défis, le patron de la Banque Postale a rappelé que l’institution bancaire a mis en place ces dernières années plusieurs dispositifs afin de faciliter l’accès au système bancaire. La Mission Accessibilité Bancaire permet à 1,2 million de personnes d’accéder gratuitement à un livret A et aux services essentiels associés. Par ailleurs, la banque a créé L’Appui, un réseau de 25 conseillers spécialisés qui accompagnent, depuis dix ans, les clients les plus fragiles. Plus de 330 000 personnes ont déjà bénéficié de cet accompagnement personnalisé.
La Banque Postale s’appuie enfin sur des partenaires avec des organisations engagés dans la lutte pour l’inclusion comme Crésus, We Tech Care, la Fondation FACE, l’Office français de l’immigration ou encore Pims Médiation. L’objectif de ces partenariats est d’améliorer l’inclusion numérique et bancaire des personnes les plus isolées et fragiles, comme les réfugiés, les femmes victimes de violences ou les jeunes en situation de précarité.
Lors de la conférence, plusieurs intervenants ont évoqué ces sujets. Cela a notamment été le case de Mouna Aoun, dirigeante à La Banque Postale et administratrice d’ONU Femmes France, qui a abordé les enjeux de genre dans l’accès aux produits bancaires, d’Anthony Babkine, entrepreneur social et cofondateur de Diversidays, qui a évoqué les inégalités de départ auxquelles font face les jeunes issus de milieux modestes ou discriminés, ou de Rooh Savar, CEO de Welcome Account, qui a partagé son expertise sur l’inclusion financière des nouveaux arrivants.


