En réaction à la hausse du nombre et de la durée des arrêts de travail, le gouvernement a annoncé un ensemble de mesures pour plafonner la durée des arrêts maladie prescrits. Cette initiative, inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et prévue pour entrer en application le 1er septembre 2026, vise à mieux encadrer les prescriptions médicales et à réduire nettement les dépenses de la branche « maladie » de la Sécurité sociale. En visant à enrayer la forte progression des indemnités journalières, ces nouvelles règles s’inscrivent dans un plan global de lutte contre l’absentéisme.
Ce que ça change pour les finances
Depuis le début des années 2020, le nombre et la durée des arrêts de travail ont fortement augmenté, mettant une pression importante sur les finances de la Sécurité sociale. Les indemnités journalières ont ainsi crû de 7 milliards d’euros depuis 2016. Rien qu’en 2025, ces dépenses ont atteint 12,1 milliards d’euros, et 17,9 milliards d’euros si l’on intègre les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Cette hausse alimente le déficit des régimes obligatoires, évalué à 15,3 milliards d’euros en 2024, dont 90 % sont imputés à la branche maladie. Un rapport de la CNAM souligne que l’augmentation des dépenses d’indemnités journalières s’explique pour 60 % par des facteurs économiques, comme la progression des salaires et le vieillissement de la population active, et pour 40 % par l’allongement de la durée moyenne des arrêts et par leur fréquence, selon les propositions de la CNAM. Le gouvernement veut utiliser ces plafonnements comme levier pour contenir la montée de ces dépenses.
Ce que prévoit la loi et ce que ça change pour les prescripteurs
La loi, qui s’appliquera au 1er septembre 2026, fixe une durée maximale d’un mois pour un premier arrêt maladie, puis deux mois en cas de prolongation, sauf dérogation motivée, explique le journal La Voix du Nord. Les prescriptions en téléconsultation resteront limitées à trois jours, pour lutter contre les abus constatés. La Haute Autorité de santé (HAS) a publié des recommandations indicatives pour aider les prescripteurs à évaluer la durée des arrêts : par exemple, cinq jours pour une lombalgie courante ou quatorze jours pour des troubles anxio-dépressifs mineurs.
Les médecins prescripteurs, généralistes, spécialistes et sages-femmes, devront justifier les motifs et les éléments médicaux des interruptions de travail, surtout s’ils s’écartent des recommandations de la HAS. Le service du contrôle médical de l’Assurance maladie reste disponible pour accompagner les praticiens, notamment pour les renouvellements dépassant trois mois.
Ce que ça change pour le système de santé et les entreprises
L’application de plafonds sur les arrêts maladie vise non seulement à freiner la facture, mais aussi à améliorer le suivi médical. Les chiffres montrent que 7 % des arrêts de travail, ceux durant plus de six mois, représentent 45 % des dépenses totales, tandis que les arrêts de moins de huit jours, qui constituent près de la moitié des arrêts indemnisés, ne représentent que 4 % des dépenses.
La réforme provoque un débat animé. Les médecins et les syndicats médicaux critiquent le risque de multiplier des consultations sans bénéfice réel. Ils demandent plutôt une amélioration des conditions de travail et une réorganisation du système de soins pour s’attaquer aux causes profondes de l’absentéisme.

