Le gouvernement a mis en avant la fiscalité des pensions de retraite dans le projet de budget pour 2026, provoquant débats et ajustements à l’Assemblée. Il a eu recours à l’article 49.3 de la Constitution pour engager sa responsabilité sur les recettes. Cette décision intervient alors que les déficits budgétaires augmentent et qu’il faut faire des choix parfois contestés, surtout sur les retraites qui concernent 17,2 millions de Français.
Les abattements pour les retraités : ce qui change
Au centre des discussions se trouve l’abattement de 10 % sur le revenu imposable des retraités, appliqué automatiquement lors de la déclaration. Cet abattement vise à compenser certaines dépenses spécifiques liées au retraité. Il existe aussi un deuxième abattement pour les personnes de plus de 65 ans ou les personnes invalides, que le gouvernement avait d’abord voulu limiter mais qui a finalement été maintenu tel quel.
Le gouvernement avait proposé de remplacer l’abattement proportionnel par un forfait fixe de 2 000 € par personne. L’idée était de réaliser plusieurs centaines de millions d’euros d’économies, mais ce forfait risquait de désavantager les retraités aux pensions modestes. En effet, il aurait réduit l’avantage fiscal dont bénéficient aujourd’hui les personnes ayant des retraites plus élevées.
Ce que disent l’Assemblée et le Sénat
Les députés ont rejeté la proposition de remplacer l’abattement proportionnel par un forfait. D’après Moneyvox, le Sénat a proposé une alternative : augmenter l’abattement à 3 000 €. Selon la commission des finances de la haute chambre, cet ajustement rendrait le dispositif « plus lisible, plus juste », et protégerait surtout les retraités modestes des conséquences d’une réforme de ce type.
En adoptant cette modification, le Sénat cherche à préserver les plus vulnérables tout en simplifiant les règles fiscales. Il est probable que le gouvernement, face aux réticences et à son usage du 49.3, décide de conserver le dispositif actuel.
Les chiffres et seuils à connaître
Pour 2025, l’abattement de 10 % prévoit un plancher de 450 € par personne et un plafond de 4 399 € par foyer fiscal. Avec une revalorisation attendue de 0,9 % pour 2026, ces seuils pourraient bouger légèrement, avec un plancher estimé à 454 € et un plafond à 4 439 €.
En plus, pour les retraités de plus de 65 ans ou les personnes invalides, un abattement spécial fondé sur le revenu permet des réductions fiscales allant jusqu’à 5 640 € pour les couples remplissant les conditions.
L’enjeu pour l’exécutif, en maintenant l’abattement historique, est d’éviter de toucher à une « niche » fiscale sensible tout en fournissant un allègement marqué pour « des millions de retraités », selon les propos des parasagittaires gouvernementaux (formulation reprise du texte initial).






